CitationRugby - Top 14 - Brive - Sébastien: «Je suis effondré»
Pas vraiment réputé pour avoir sa langue dans sa poche, Patrick Sébastien ne mâche pas ses mots dans une interview publiée mercredi dans L'Equipe. Le président de Brive, revenu il y a moins de deux ans en Corrèze, s'inquiète pour l'avenir proche de son club, pas très loin de la zone de relégation, mais aussi pour l'avenir du rugby, qu'il dit ne plus reconnaître, notamment à cause des supporters qu'il voit dans les stades.
«Si on descend, c'est que je n'aurai pas été compétent en tant que président, attaque d'entrée Patrick Sébastien (Photo L'Equipe). On vit une saison de merde... Je tiendrai la barre le plus longtemps possible, mais si on descend, je ne vais pas m'accrocher. S'il y a échec, je l'assumerai personnellement.» Le président est clair : en cas de descente, il partira. Affirmation qu'il nuance cependant en fin d'interview : «Même en cas de descente, si M. de Richebourg (le propriétaire du club) me demande de rester, je le ferai.»
S'il n'est pas très clair sur son avenir, Sébastien l'est plus sur les raisons de la saison délicate du CABB, 11e du classement avec sept points d'avance sur Dax, premier relégable : «Au début de cette saison, nous n'étions pas prêts. En commençant à recruter fin avril, début mai, c'était trop tard ; je le savais. Cette année, on s'y est pris plus tôt. Si on se sauve, je suis sûr que la saison prochaine sera complètement différente avec les joueurs qui se sont déjà engagés chez nous : Mela, Henn, Idieder, Popham, Goode, Pic...»
Mais si l'homme de télévision est las, c'est aussi et surtout à cause de l'évolution du rugby : «Je suis effondré par ce que je vois dans les stades. On a de plus en plus de supporters qui ressemblent à ceux du PSG. Là , je vois de la haine, même chez certains dirigeants. Peut-être que je ne suis pas fait pour ce rugby. Il y a dix ans, ça n'était pas aussi violent, méchant... [...] Je crois qu'on subit un effet pervers de la Coupe du monde, qui a attiré dans nos stades des supporters différents. J'ai ét choqué. Ils remplissent les caisses mais je dis attention. Il faut que la Fédération et la Ligue réagissent.»