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M.A.T92i

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Everything posted by M.A.T92i

  1. Les cinq ans qui le séparent de la retraite lui semblent interminables. « Je n’ai plus que les indemnités » pour vivre, mais toujours les crédits à rembourser. « Ça m’a foutu dans la mouise », soupire-t-il. Un euphémisme. Le bonhomme aux lunettes rectangulaires se nourrit grâce aux Restos du coeur. La distribution de colis alimentaires, c’est le vendredi aprem’ « à 15h pile ». Et l’avant-veille, il était déjà dans le train. Alors la semaine prochaine, ça sera régime : « Je veux dire aux gens que si j’en suis là, si je suis aux Restos du coeur, c’est parce que j’ai été blessé par la police. » Pas de chicots, pas de taf Yann, son acolyte de petit dej’, a lui aussi du mal à manger. Notamment parce que les policiers lui ont éclaté les chicots. Le Toulousain sortait du boulot quand il a croisé une manif nocturne de Gilets jaunes. « J’ai décidé de les suivre un petit peu. » Cinq minutes plus tard, la police charge le cortège, matraques au clair. Les coups pleuvent et Yann reste sur le carreau. « Je me suis réveillé plusieurs minutes après et j’étais tout seul. » Il est sévèrement touché : fracture de la mâchoire en haut et en bas, 11 dents ont sauté. Dans l'appart' hôtel de Montpellier. / Crédits : Mathieu Molard Pas facile pour mastiquer, mais encore faut il avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Et chez Yann [Sa cagnotte], le frigo n’est pas toujours très plein. Le gaillard à la barbe poivre et sel a plus de vingt ans d’expérience dans la restauration. « Jusque-là, je trouvais toujours du travail. » Mais désormais les patrons se montrent réticents et les contrats se font rares. « Financièrement c’est la merde », lâche-t-il. Pendant quatre mois, il a dû tenir avec 150 euros par mois. « Là, j’ai récupéré le RSA et quelques extras par-ci, par-là. » Pas assez pour se refaire le sourire : « C’est 18.000 euros à peu près. » Difficile dans ces conditions d’élever sereinement ses gamins de neuf et 12 ans. La gorge serrée, il raconte : « Cette année, il n’y a pas eu de Noël pour eux. Ça fait bizarre de le dire. Mais heureusement, mes enfants ne sont pas bêtes. Ils savent que c’est dur, qu’il faut attendre les soldes. » Un heureux événement 10h15 environ. Sur le perron de l’hôtel, les mutilés grillent une cigarette, tout en pestant sur les retardataires. Un petit groupe se met finalement en route. À pied, direction La carmagnole. La maison coopérative accueille la conférence de presse du collectif des Mutilés pour l’exemple. Dylan et sa copine font le bref trajet en voiture. Mais la vieille guimbarde peine à démarrer. « C’est le carter qui est pété », explique Émilie. Son copain, cheveux impeccablement gominés, soulève le capot pour remettre un peu d’huile dans le moteur. Le véhicule ne démarre toujours pas. « Il y a un problème avec les bougies aussi. » Dylan s’apprête à pousser la voiture, quand finalement celle-ci se met en marche. Dylan a 19 ans, il a été éborgné par une grenade de désencerclement. / Crédits : Mathieu Molard Le jeune couple (19 ans pour lui, 21 pour elle) habite dans un petit village à l’écart de Montpellier. Impossible donc de s’en sortir sans être motorisé. Mais une nouvelle voiture est largement au-dessus de leurs moyens. Éborgné par une grenade de désencerclement le 27 avril 2019, Dylan a dû abandonner son job de manutentionnaire. Après ses six mois d’arrêt maladie, il a repris en intérim mais les missions se font rares. Émilie a aussi lâché son taf, quelques jours après le drame. « Je ne tenais plus. » Depuis, à part un peu de ménage par-ci par-là, rien. Alors la voiture, « faut encore qu’elle tienne trois mois. Après mon père va nous en filer une », explique Dylan [Sa cagnotte]. La nouvelle sera plus spacieuse que leur Golf. Une « familiale »… car ils attendent un heureux événement pour le début de l’été. Un sourire éclaire leurs visages quand ils évoquent le futur bébé. Dans la misère Finalement la voiture arrive à bon port. Les chaises sont déjà installées dans la petite salle de La Carmagnole. Dans un coin, Paul accroche ses portraits des mutilés. Depuis plusieurs mois, le jeune photographe accompagne discrètement le collectif. Ces photos, commencées en école, sont pour lui une manière de soutenir leur combat. Pendant ce temps, Dylan, Laurent et Ève suspendent sur le mur du fond une longue banderole sur laquelle sont imprimés les visages ensanglantés. Peu à peu, les journalistes, mais aussi des soutiens, prennent place face aux 12 mutilés. Le collectif des Mutilés pour l’exemple a fait sa conférence de presse. / Crédits : Mathieu Molard Laurent, casquette beige vissée sur le crâne, ouvre la valse des témoignages. À l’acte VII, il a pris « un LBD dans la cuisse la matinée et un dans la tête l’après-midi ». Physiquement, ça va. Psychologiquement aussi, dit-il. Vanessa, assise à ses côtés, modère d’un mouvement de tête. Laurent se reprend, reconnaissant à demi-mot que tout n’est pas si simple. « On fait son solide, quoi. » Les récits s’enchaînent, difficilement soutenables : os fracturés, yeux détruits, main arrachée. Des vies en suspens. Et puis le sentiment d’injustice, avec ces procédures de l’IGPN qui n’aboutissent à rien. À REGARDER AUSSI : « Supporters comme Gilets jaunes, on a été mutilés pour nos idées » Kaïna, lunettes de soleil sur le visage, comme pour ne pas trop se dévoiler, prend la parole. « J’ai reçu un LBD le 29 décembre à la gare. Le même jour que Laurent et Yvan. » Son voisin de gauche, un ancien policier à la longue barbe grise, lui aussi blessé par un tir de LBD. « C’était la même charge. On ne faisait rien, on était pacifiques », explique-t-elle presque à voix basse. Elle en détaille les conséquences. Au fil du récit, le ton se fait plus ferme. « Ma vie a changé. » Ancienne responsable en boulangerie, elle a tout perdu ou presque. Son appartement et son travail : « Financièrement, on est au plus bas. Il y a des gens qui vivaient bien. Ils sont sortis pour les plus miséreux qu’eux et qui aujourd’hui sont dans la misère. Moi je suis sortie pour les SDF et aujourd’hui je suis SDF. Je ne dors pas dehors parce qu’il y a des gens qui m’hébergent. Mais j’ai 32 ans, j’ai toujours payé mes factures et un coup de flashball a tout détruit. » Kaïna était responsable en boulangerie. Depuis sa mutilation, elle a perdu son appartement et son travail. / Crédits : Mathieu Molard Elle raconte aussi ses coups de blues ou la difficulté d’accepter la tendresse des autres. Même celle de ses propres enfants. Dans l’assistance, certains épongent discrètement une larme. Une affaire d’assurance 12h45, la conférence de presse vient de se terminer. La petite bande n’a pas trop le temps de souffler. Dans à peine plus d’une heure, la marche doit partir du centre-ville. Il faut encore manger. Ça sera un sandwich acheté à la va-vite dans un supermarché. En grignotant son casse-dalle, assis sur les escaliers de la place de la Comédie, Antoine détaille sa situation. Il est, au départ, un peu hésitant. « Tu sais moi, l’argent ça va. J’ai eu beaucoup de chance. Il faut surtout parler des autres. » Le brun aux traits fins a eu la main arrachée par une grenade lacrymogène, la GLI-F4, le 8 décembre 2018 à Bordeaux. Ses frais médicaux et la prothèse ont été pris en charge par la sécu et l’assurance. « Je suis à la MAIF. “Assureur militant”, je croyais que c’était du bluff, mais ils ont fait le job », rigole-t-il (placement de produit non sponsorisé). La société a même pris en charge la perte de « potentiel salaire » à hauteur de 4.000 euros, car il devait signer un nouveau contrat d’animateur auprès de jeunes enfants. Le groupe pose devant la gare. / Crédits : Mathieu Molard Antoine se marre souvent. Il est du genre à multiplier les vannes sur son handicap et à se ramener en manif grimé en capitaine crochet. Peut-être une manière de se protéger, ou simplement son caractère. Sa « chérie » elle-même ne sait pas toujours. Ensemble, ils vont de l’avant. Grâce à son indemnité de travailleur handicapé, Antoine a pu reprendre des études de géographie pour devenir « agent de développement local dans un quartier populaire ». Il touche 900 euros tous les mois, « ce n’est pas un smic. Après j’ai le soutien de la famille. Évidemment, je finis dans le rouge tous les mois mais je m’en sors ! » Il se refuse à faire une cagnotte. « Ceux qui me proposent, je les redirige vers d’autres qui en ont plus besoin. » Les indemnités qui tardent Vanessa est de ceux-là [Sa cagnotte]. Sur la place centrale de Montpellier, la trentenaire passe d’un groupe à l’autre pour s’assurer que tout roule. Aider les autres semble parfois plus simple que prendre soin de soi-même. Avec 324 euros de la sécu et 200 euros d’APL, elle n’arrive plus à joindre les deux bouts. Sa demande de RSA est encore bloquée dans les méandres de l’administration. Sa reconnaissance de handicap aussi. Vanessa a perdu son oeil. En mai, elle avait témoigné dans le documentaire de StreetPress : « Gilets jaunes, une répression d'État » / Crédits : DR Quant à la demande de FGTI (Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions), elle a été rejetée à deux reprises. « C’est pour les victimes qui ont au moins 30 jours d’ITT, moi je suis à 120 jours », soupire-t-elle. Elle demande 15.000 euros. Presque dérisoire pour tenir jusqu’à un éventuel procès qui n’arrivera pas de si tôt. Presque dérisoire quand on a perdu un oeil. En attendant c’est la solidarité qui lui permet de vivre : « J’ai une petite grand-mère qui m’a envoyé un petit mandat pour Noël. Pour être sûr que je puisse au moins avoir un bon repas pour les fêtes. C’est touchant mais en même temps ça fait mal. » 15h. Dernière clope et en marche. Le cortège s’élance dans le centre-ville de Montpellier. « C’est réussi, non ? », interroge Mélanie [Sa cagnotte], un sourire en travers du visage. Elle est venue d’Amiens pour participer à ce week-end entre mutilés. Tout en avançant, elle tente d’estimer le nombre de participants. Quelques centaines à la louche. Les premiers slogans montent de la foule : « La police fait son travail, ça crève les yeux ! » Ils n’apparaissent pas dans le papier, mais ils ont également été mutilés et ont besoin d’un coup de pouce (cliquez sur les prénoms pour aller sur leurs cagnottes) : Xavier, Franck, Floriane, Sébastien, David B., Jérôme, David D., Frédéric_ Edit le 15/01 : Le collectif Désarmons-les! (très sérieux sur le sujet) a également lancé une cagnotte à destination des blessés par les armes de la police. C’est par ici. https://www.streetpress.com/sujet/1579018259-restos-coeur-mutile-par-police-violences-blesses-gilets-jaunes-manif Carla, vidéaste et manifestante “Bien entendu, seuls les policiers ayant préalablement été formés et entraînés ont le droit de se servir de cette arme”, rappelle Denis Jacob, secrétaire général du syndicat Alternative police. Légalement, ils peuvent cibler le torse, les bras et les jambes. Pourtant le fils de Flaure a été touché à la tête alors qu’il observait la scène en marge du rassemblement. Et il n’est pas le seul à en avoir souffert. En mars 2019, plus de 13 000 tirs de LBD étaient recensés par le secrétaire d’État à l’Intérieur, entraînant des centaines de victimes éborgnées ou mutilées. Vidéaste, Carla a été touchée à la jambe alors qu’elle filmait un rassemblement de gilets jaunes auquel elle participait à Lyon en mars 2019. “C’était tellement rapide que je n’ai pas eu le temps de réaliser ce qui se passait”, explique-t-elle. Les street-médics l’ont soignée mais le lendemain, elle ne pouvait plus marcher et ses douleurs ont duré 10 jours. “Le fait de se savoir potentiellement visée par quelqu’un est traumatisant” raconte la jeune femme. Presque un an après le coup, elle fait encore des cauchemars. Avec d’autres blessés, Carla a décidé de créer le collectif Dévisageons l'État, pour alerter les citoyens et venir en aide aux victimes de violences policières : “c’est difficile de savoir vers qui se tourner, qui contacter, comment se défendre quand on vient de se faire tirer dessus”, explique-t-elle. Des banlieues à la rue “Les gilets jaunes ont permis de rendre visible une réalité qui existe depuis des années” note Arié Alimi. Son cabinet parisien gère actuellement une cinquantaine de plaintes liées à des cas de violences commises par des policiers sur des civils. Parmi eux, beaucoup de gilets jaunes, mais aussi des habitants de quartiers populaires, victimes de flash-balls, de coups de matraque ou d’interpellations violentes. Des méthodes déjà pratiquées depuis longtemps dans les banlieues : “ces quartiers ont servi de base pour tester l’utilisation de ces armes et les généraliser lors de mouvements sociaux”, analyse l’avocat pénaliste. Avec le mouvement des gilets jaunes, le nombre de plaintes a explosé. “Nous avons des cas pour lesquels les familles n’auraient jamais osé déposer plainte il y encore quelques années”, explique Arié Alimi, en prenant l’exemple de Cédric Chouviat, décédé lors d’un contrôle routier le 8 janvier. Pour Denis Jacob, cette évolution s’explique aussi par l’évolution du rapport de force avec la police : “Lors des manifestations contre la loi Travail en 2016, nous avons remarqué que la manière de manifester était en train d’évoluer”, explique-t-il. D’habitude, les cortèges étaient organisés à l’avance et les policiers les encadraient à distance. Cette fois-ci, les policiers ont été confrontés à de nombreux manifestants en colère, désireux d’en découdre physiquement avec les fonctionnaires de police qui incarnent l’État. Son syndicat a alors alerté les autorités sur la nécessité de revoir la définition du maintien de l’ordre mais selon lui, aucune réponse n’a vraiment été apportée jusqu’à présent. Absence de RIO Déscolarisé, le fils de Flaure Diesse a perdu une année et a décidé de partir étudier dans un internat en Bretagne. Une manière pour lui de repartir à zéro : “À Strasbourg, les gens le reconnaissaient dans la rue, explique sa mère. Sa photo circulait sur les réseaux sociaux et la police l’a même accusé d’être un casseur”. Flaure Diesse a alors entamé un long combat pour obtenir justice. Elle a porté plainte puis a rassemblé photos et vidéos pour reconstituer la scène et comprendre ce qu’il s’était réellement passé. Mais début novembre, sa plainte a été classée sans suite. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN), chargée de faire l’enquête, a estimé que quatre membres de la Brigade anti-criminalité ayant tiré en même temps, il était impossible d’identifier clairement l’auteur du tir. Photo des 4 membres de la BAC le 12 janvier 2019 à Strasbourg © Maximilien Gardes Sur la photo prise par des témoins de la scène, les fonctionnaires de la BAC apparaissent en effet cagoulés, habillés en civil et postés derrière une camionnette. “Le travail d’identification est alors difficile, note Arié Alimi, soit parce que les images sont trop floues, soit parce que le policier ne porte pas le matricule RIO”. Depuis 2014, la loi oblige en effet policiers et gendarmes à porter les 7 chiffres du référentiel des identités et de l'organisation, de manière visible sur leur tenue. Mais les manquements à l’obligation sont nombreux et les sanctions sont rares. “L’uniforme n’est pas adapté pour pouvoir afficher clairement ce numéro” justifie Denis Jacob. Pour contourner le problème, l’ancien policier propose de systématiser l’usage de la caméra-piéton chez les fonctionnaires, une technique déjà utilisée depuis six ans aux Etats-Unis et expérimentée en 2017-2018 dans plusieurs communes françaises. Lenteur judiciaire “On se rend compte de manière assez systématique que les enquêtes menées par l’IGPN ne sont pas aussi poussées qu’elles devraient l’être”, explique Arié Alimi. Résultat pour les victimes : obtenir le jugement d’un policier accusé de violence relève du parcours du combattant. “D’abord, parce que si elle n’est pas accompagnée de son avocat, la victime a souvent du mal à trouver un commissariat qui accepte d’enregistrer sa plainte, explique l’avocat. Ensuite, parce que le Procureur de la République, chargé de recevoir la plainte, fait tout pour retarder l’ouverture des enquêtes”. À cela s’ajoutent les frais d’avocats que les victimes comme Flaure Diesse doivent souvent supporter seules. Autre problème : l’IGPN est constituée de policiers qui enquêtent sur les policiers. “On a donc un problème de partialité” explique Arié Alimi. La France devrait selon lui s’inspirer du modèle anglais, où les enquêtes visant des policiers sont confiées à des commissions indépendantes, composées de magistrats, d’anciens fonctionnaires et de citoyens. Par principe, le policier a la légitimité de la force Denis Jacob, secrétaire général du syndicat Alternative police En France, depuis le début des gilets jaunes, la machine judiciaire tourne au ralenti. Le ministère de la Justice n’a pas souhaité communiquer les derniers chiffres, mais selon un décompte réalisé fin novembre, sur les 409 plaintes déposées en un an, la moitié a été classée sans suite et seuls deux policiers ont été jugés. De leur côté, plus de dix mille manifestants auraient été interpellés et placés en garde à vue durant les six premiers mois du mouvement. À Lyon, un rapport citoyen ayant répertorié pendant un an les jugements contre les gilets jaunes dénonce le caractère expéditif et brutal des condamnations. Contactée par téléphone, l’une des membres de la Commission d’enquête à l’origine de l’enquête nous explique : “la quasi-totalité des personnes condamnées ont été déférées en comparution immédiate, avec très peu de délai pour préparer leur défense”. Beaucoup de manifestants sont ainsi condamnés sous le motif d’avoir participé à un groupement en vue de commettre des dégradations ou des violences, avec souvent, des peines de prison assorties d’interdictions de manifester. “Quand un individu utilise la force, il n’a aucune légitimité, justifie Denis Jacob. Pris en flagrant délit, il est interpellé et présenté en comparution immédiate. En revanche, par principe, le policier a la légitimité de la force. Donc l’enquête doit établir avec précision si cette légitimité était justifiée ou non, ce qui nécessite du temps”. Extrait du rapport de la commission d’enquête populaire contre les violences policières et la répression à Lyon “La police, c’est l’État” Résultat en un an, aucune victime de violences policières n’a encore été indemnisée. La situation suscite incompréhension et colère, notamment sur les réseaux sociaux. “Si la situation perdure, elle risque de creuser un dangereux fossé entre la population et les institutions policières et judiciaires”, avertit Arié Alimi. Pour tenter de sortir de la crise, Alternative police demande que davantage de policiers soient formés au maintien de l'ordre et que de nouvelles techniques soient expérimentées, comme les caméras piétons ou les véhicules de patrouille allemands équipés de sonos pour avertir les manifestants avant la charge des policiers. Car pour lui, le problème vient d'en haut : “Aujourd'hui, la seule responsabilité engagée est celle du policier et jamais celle de ceux qui ont donné les ordres”, souligne-t-il. Alternative police réclame du gouvernement une nouvelle doctrine pour mieux définir la manière d’exercer le maintien de l’ordre. Annoncée pour juin 2019, elle n’a pas encore été présentée. “Si le gouvernement avait apporté une réponse politique aux demandes des Français, nous n'aurions peut-être pas eu toutes ces manifestations”. Car après plus d’un an, la fatigue se fait sentir aussi parmi les forces de l’ordre. “Les collègues ont le sentiment d’être utilisés comme des boucs-émissaires par les autorités, lâche Denis Jacob, sans qu’aucune réponse politique ne soit apportée”. C'est la police qui a tiré sur mon enfant. Or la police, c'est qui ? C'est l'État. Flaure Diesse, mère d'un adolescent victime d'un tir de LBD Flaure Diesse attend aussi une réponse de l’État. Elle assure qu’elle continuera de se battre pour qu’il reconnaisse ses torts : “C’est la police qui a tiré sur mon enfant. Or la police, c’est l’État”, lance-t-elle. Sa demande a été entendue par le défenseur des droits, qui s’est auto-saisi de l’affaire mi-novembre. L’institution va rouvrir l’enquête et se prononcera au titre de ses compétences en matière de déontologie de la sécurité mais également en matière de défense des droits de l’enfant. En 2017, elle avait déjà demandé le retrait des lanceurs de balles de défense et la mise en oeuvre par l’État d’une politique de désescalade de la violence. Si le défenseur des droits n’a aucun pouvoir de sanctions, pour Flaure, cette auto-saisine offre un nouvel espoir : “Même si on ne trouve pas qui a tiré sur mon enfant, j’espère au moins que le gouvernement reconnaîtra sa responsabilité, dit-elle. S’excuser, c’est déjà reconnaître qu’il y a une injustice, ça libère et ça permet d’avancer”. https://www.arte.tv/fr/articles/violences-policieres-une-bombe-dans-les-mains-de-letat
  2. les 75% c'est sans les primes
  3. 01) Bordeaux - Lyon : 1-2 02) Metz - Strasbourg : 1-3 03) Saint-Étienne - Nantes : 2-0 04) Paris SG - Monaco : 3-0 05) Crystal Palace - Arsenal : 1-1 06) Tottenham Hotspur - Liverpool : 1-2 07) Aston Villa - Manchester City : 0-3 08) Lazio - Naples : 2-2 09) Inter Milan - Atalanta : 1-1 10) Roma - Juventus : 2-0
  4. 0 point, si vous faites un FLOP 1 point, si vous trouvez le match nul ou la victoire sans avoir le bon score 3 points, pour un bon pronostic trouvé 5 points, si vous trouvez le bon score du Paris Saint Germain ----------------------------------------------------------------------------------------------- 21EME JOURNEE: 01) Monaco - Strasbourg : 02) Nantes - Bordeaux : 03) Nice - Rennes : 04) Lille - Paris SG : 05) Espanyol - Athletic Bilbao : 06) Valence - Barcelone : 07) Fiorentina - Genoa : 08) Parme - Udinese : 09) Roma - Lazio : 10) Naples - Juventus : Vous avez jusqu'au Vendredi 24 Janvier à 21h
  5. 0 point, si vous faites un FLOP 1 point, si vous trouvez le match nul ou la victoire sans avoir le bon score 3 points, pour un bon pronostic trouvé 5 points, si vous trouvez le bon score du Paris Saint Germain ----------------------------------------------------------------------------------------------- 20EME JOURNEE: 01) Bordeaux - Lyon : 02) Metz - Strasbourg : 03) Saint-Étienne - Nantes : 04) Paris SG - Monaco : 05) Crystal Palace - Arsenal : 06) Tottenham Hotspur - Liverpool : 07) Aston Villa - Manchester City : 08) Lazio - Naples : 09) Inter Milan - Atalanta : 10) Roma - Juventus : Vous avez jusqu'au Vendredi 10 Janvier à 21h
  6. C’est sous la direction de Logan Djian que le GUD parisien a établi des passerelles avec les footeux. « À ce moment-là, on a vu un nouveau GUD. Ils venaient attaquer les antifas avec quatre ou cinq gudards – membres du GUD – en première ligne, mais la vingtaine qui restait venait de Boulogne. La jeune génération des indeps traînait avec eux », se souvient un témoin de l’époque qui a été confronté à eux. Djian, après un passage en cabane, part s’installer à Lyon. Même s’ils ne sont jamais présents au Parc des Princes, les Zouaves Paris ont adopté les codes hooligans et la mise en scène ultra. / Crédits : Capture d'écran de Facebook À la tête des Zouaves, on retrouve aujourd’hui deux jeunes Parisiens : Aloys Vojinovic, 23 ans, et Marc de Cacqueray de Valménier (2), 21 ans. Ce dernier est issu d’une dynastie qui a fourni plusieurs figures de l’extrême droite (son cousin, Louis de Cacqueray-Valmenier est tête de liste RN au Mans. Son oncle, l’abbé Régis de Cacqueray-Valmenier, est aumônier de Civitas…). Tous deux aiment la violence. Ils ont, avec les Zouaves, été jugés dans l’attaque du lycée autogéré de Paris, en mars 2018. Marc de Cacqueray de Valménier a été relaxé, faute de pouvoir être identifié avec certitude, mais Aloys Vojinovic a été condamné à un an de prison avec sursis. Il a fait appel de la décision, alors qu’il finissait un Travail d’intérêt général (TIG) de 105 heures pour une précédente condamnation en février 2018. La raison ? « Participation à un attroupement avec arme. » Mais le coup d’éclat des Zouaves reste l’Acte 3 des Gilets jaunes, le 1er décembre 2018. Ils montent des barricades sur les Champs-Elysées et participent à des affrontements avec la police. Sur les bancs du tribunal, au moment de leur procès en janvier 2019, deux Zouaves ont rejoint Marc de Cacqueray de Valménier et Aloys Vojinovic : Charles Ferrand et Louis David, 24 et 28 ans. De nombreux Zouaves ont fait le déplacement pour les soutenir. Ils sont reconnaissables aux marques qu’ils arborent, prisée des hooligans ou des ultras : Stone Island, Lyle & Scott ou North Face. À la barre, les quatre ont choisi des looks moins connotés. Chacun nie les faits qui leur sont reprochés. Mais le quatuor est condamné pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations » (un motif d’inculpation décrié, très largement utilisé contre les Gilets jaunes). Louis David et Charles Ferrand écopent de trois mois de prison avec sursis, Marc de Cacqueray de Valménier récolte six mois de sursis, complétés par 105 heures de travaux d’intérêt général (TIG). Leur ami Aloys est condamné à trois mois ferme, sans mandat de dépôt, après avoir été incarcéré une trentaine de jours à la prison de Fresnes. À gauche, les Zouaves et le contingent de hools provinciaux lors de l’acte III des Gilets jaunes. Au centre et à droite, des poses après des actions contre des fans algériens ou albanais. / Crédits : DR Des liens avec des hooligans du PSG et du Paris FC Cette action sur les Champs-Elysées est, pour les hooligans d’extrême droite, l’occasion de montrer les muscles. Un groupe de 70 à 80 militants prend la pose devant l’Arc de triomphe et derrière une banderole : « Le peuple aux abois, tuons le bourgeois ». Les membres de la Milice Paris s’affichent avec des bras tendus et des « saluts de Kühnen » – une variante à trois doigts du salut nazi. / Crédits : DR Les Zouaves représentent une trentaine de membres du contingent. Ils sont « renforcés par des hooligans de l’ancienne tribune Boulogne du PSG », selon les services de renseignements, qui gardent un oeil sur la mouvance. Ces supporters se sont baptisé la Milice, un groupe pourtant dissous par le gouvernement en avril 2010. Parmi eux, Antoine O., qui a participé à de nombreuses actions de Génération Identitaire ou des Zouaves. Ce militant nationaliste a notamment été blessé lors d’une rixe en avril 2019, à l’origine de l’incarcération du militant antifasciste Antonin Bernanos (qui nie les faits). Au sein de cette mouvance Milice-Zouaves, il y a également Hadrien M., ancien responsable du GUD Paris et ex-membre du Blue Wolves et des Infâmes, des groupes d’indeps (autre nom pour les hooligans) du Paris FC. À gauche, un homme surnommé « Kalache », membre commun de la Milice et des Zouaves, tout en étant un ancien Infâme. Il est également présent à de nombreuses actions de Génération identitaire. / Crédits : Capture d'écran de Facebook Les anciens hools du Bastion Social En plus des Zouaves et de la Milice, le contingent sur les Champs est aussi composé d’une quarantaine de personnes « issues de la province », selon les services de renseignements, cités par la juge lors du procès des Zouaves. On y retrouve la mouvance « Ouest Casual » : des Strasbourgeois, des Lyonnais, des Nancéiens ou encore des Rémois… Parmi eux, des membres des ex-Bastion social Strasbourg et Lyon. Chez les Alsaciens, l’appartenance au mouvement dissous en 2019 se complète souvent d’une présence chez les Strasbourg Offender, un groupe « d’hooligans agressifs » rapporte Rue89 Strasbourg. Valentin Linder, l’ex-chef du Bastion social et de sa succursale strasbourgeoise, a été membre du GUD local et participe aux fights des fameux indeps. Il y a aussi Philippe Cavaleri, un habitué des stades et du coup-de-poing – déjà condamné par la justice. Le trentenaire aux cheveux blonds en brosse arbore sur le coude droit un tatouage de soleil noir, symbole du mysticisme nazi. Avec lui à Paris, au moins six autres coutumiers de La Meinau, l’enceinte du Racing Club de Strasbourg. Les Strasbourg Offender ont grandement participé au Bastion social en Alsace. / Crédits : Capture d'écran de Facebook À Lyon, des liens ont également existé entre les gudards et la Mezza, un célèbre groupe d’hooligans aux idées radicales. Un jeune membre des deux bandes a été arrêté en février 2013 lors d’un affrontement avec des supporters anglais. Lors de leurs 13 ans, en octobre 2019, les hools de la Mezza ont brandi fièrement dans les rues de Lyon leur drapeau siglé d’une Totenkopf, un emblème utilisé par des unités SS durant la Deuxième Guerre mondiale. Après la dissolution du GUD et la création du Bastion social, les liens ont prospéré. Le groupe nationaliste-révolutionnaire a pu bénéficier sur certaines actions de la venue d’hools. Quant à Steven Bissuel, fondateur du GUD Lyon et ex-président du Bastion social, il s’est rendu au procès d’un hooligan lyonnais coutumier des soirées du Bastion en mars 2018, comme l’a révélé Rue89 Lyon. L’indep a été condamné à 18 mois de prison ferme et trois ans d’interdiction de stade. La Mezza Lyon pour leur 13 ans, en octobre 2019. Au fond, le floutage cache des « saluts de Kühnen ». / Crédits : Capture d'écran d'Instagram Des liens à Nancy ou Reims D’autres groupes de hooligans figurent à l’époque derrière la fameuse banderole devant l’Arc de triomphe. Les Strasbourg Offender sont copains comme cochons avec un groupe indep’ nancéien, les Brizak. Ce mot issu du patois lorrain se traduit par « Sales gosses ». Les deux entités posent fièrement ensemble à plusieurs reprises. « Une firme, une famille », a même commenté un membre des Offender sur une photo commune. Au sein de ces deux bandes, certains font le yo-yo au gré de leurs déménagements. Un ancien Zouave, surnommé Brutus, est passé aux Offender avant de continuer ses actions avec les Brizak. L’amour fou entre les Brizak Nancy (BZK 05) et les Strasbourg Offender. La première photo a été prise en juillet 2018. La deuxième date d’octobre 2019, lors d’un déplacement commun à Dijon. / Crédits : DR Même schéma pour les MesOs, un groupe hooligan de Reims. Leurs liens avec les Zouaves Paris se sont renforcés après le passage de Marc de Cacqueray de Valménier dans la cité champenoise, venu pour ses études. Pour un indep parisien plutôt à gauche, les deux groupes seraient d’ailleurs « la même entité » : Les MesOs Reims et les Zouaves Paris font souvent des groupes communs en multipliant les saluts nazis. À gauche, la photo date d’avril 2018 contre juin 2018 à droite. / Crédits : DR L’organisation de fights Lorsqu’ils sont présents à l’intérieur des stades, ces groupes se tiennent à carreau. En dehors, ils s’organisent des fights avec d’autres groupes de la mouvance d’extrême droite. Le dernier groupe debout « l’emporte ». Mi-décembre, un cinq contre cinq a opposé les branches « jeunesse » des MesOs Reims et de la CamSide Tolosa, un groupe toulousain, ami de longue date avec la Milice Paris. En mai dernier, ce sont les Strasbourg Offender et les Roazhon 1901, des indeps de Rennes, qui se sont battus à huit contre huit dans une clairière. Les indeps n’hésitent pas à arborer leurs symboles. À gauche, les MesOs de Reims en 2017, puis en novembre 2019 au centre. Une croix gammée est peinte en jaune sur un t-shirt. À droite, les indeps Roazhon 1901. / Crédits : DR À gauche, le fight entre les Strasbourgeois et les Rennais en mai. À droite, celui entre les Toulousains et les MesOs en décembre. Au centre, un fight entre la Milice et les Rennais, gagné en juillet par les Bretons. / Crédits : DR Les hooligans n’hésitent pas à aller chercher des adversaires étrangers. En novembre dernier, les MesOs sont une quinzaine à se fighter contre les Hollandais de Den Bosch. Les Français seraient sortis vainqueurs. À la même date, les Brizak se sont fait battre par des hools ukrainiens du Dynamo Kiev. Et l’année dernière, ce sont les Strasbourg Offender qui l’ont emporté face aux Néerlandais de Sittard. Parfois, ils cherchent à faire des fights avec des groupes ultras plus apolitiques. Au début de l’année 2019, un membre des Strasbourg Offender se présente face aux Dijonnais des Lingon’s Boys à la mi-temps d’un match de Coupe de France entre Dijon et Schiltigheim. L’homme leur propose « un truc organisé ». En face, le groupe refuse et ne les revoient plus par la suite. Quand les plans aboutissent, comme pour l’anniversaire de la Camside Tolosa fin avril 2018, cela donne une bagarre de 40 contre 40 avec des ultras rennais et quelques Roazhon 1901, la veille d’un match entre les deux équipes. Pour l’occasion, les hooligans du Sud-ouest ont même invité des membres de la Milice Paris. Sur les réseaux sociaux, des comptes recensent les comptes rendus de tous les combats en lien avec le football. / Crédits : Capture d'écran de Facebook Une passion pour le coup-de-poing Mais la violence de ces indeps ne se cantonne pas à ces affrontements organisés. Ces supporters accros à la baston dérapent aux abords des stades. À Reims, l’un des leaders des MesOs, Edwin Dailly a été pris deux fois le poing dans le sac à côté d’Auguste-Delaune, l’enceinte du club local. La première en novembre 2014 pour la réception du SC Bastia. Avec deux autres personnes, il a provoqué des supporters bastiais, les traitant de « sales Corses » avant de les frapper avec un parapluie et des canettes de bière. Un des îliens a été blessé au crâne. D’après la copie des condamnations que StreetPress s’est procurée, l’agresseur a été déclaré coupable de violences en réunion en janvier 2015. Il a écopé de deux mois fermes (sans mandat de dépôt) et trois ans d’interdiction de stade. Six jours à peine après ce jugement, le Rémois est repris à frapper un supporter à côté du stade, avec 1,62 grammes d’alcool dans le sang. Cette fois-ci, c’est un Lensois qui est victime de sa violence. « Il y a un truc que vous avez loupé lors de vos précédentes condamnations ? », se permet de demander la présidente du tribunal lors de sa comparution immédiate. Il prend trois mois ferme en plus de la révocation d’un sursis de trois mois, toujours sans mandat de dépôt. Quant à son interdiction de stade, elle est portée à cinq ans. À Strasbourg, la violence aux abords des stades prend parfois un « caractère xénophobe », comme l’a rappelé le juge à Philippe Cavaleri, membre des Strasbourg Offender, en 2008. L’Alsacien, âgé de 20 ans à l’époque, a été condamné à huit mois de prison avec sursis pour un « passage à tabac », comme l’a détaillé Rue89 Strasbourg. Des attaques politiques Les parvis des stades ne sont pas leurs seuls terrains de jeu. Ils s’invitent régulièrement dans les rassemblements ou spots de gauche, pour en découdre. Mars 2018, une dizaine de Zouaves attaque le Lycée autogéré de Paris. Au menu : saluts nazis et coups. Deux lycéennes racontent avoir été frappées lors de cette intrusion violente, dont l’une au genou avec une barre de fer. Le mois suivant, ils se placent devant l’université Paris 4-Clignancourt pour en découdre avec des étudiants et les menacent avant de crier des insultes racistes. C’est encore un contingent de Zouaves, de MesOs de Reims et de Strasbourg Offender qui attaquent le cortège du NPA lors de l’acte XI du mouvement des Gilets jaunes, le 26 janvier 2019, comme l’a raconté le site antifasciste La Horde. Les militants anticapitalistes subissent des jets de pavés et d’une barrière de chantier, lancée par Marc de Cacqueray de Valménier. « Ces gars-là, c’est des vrais tapeurs. Quand il y a un truc politique à Paris, ils viennent pour ça », explique un membre d’un groupe antifasciste à propos des MesOs. Ces hools sont anticommunistes. En 2013 déjà, Edwin Dailly, l’un des MesOs, agresse un groupe de personnes avec une ceinture en métal. Il les traite de « sales rouges ». Interpellé immédiatement, les policiers retrouvent sur son portable « sept vidéos de “fights”, dix photos de lui en train de faire le salut nazi, quatre autres où c’est tout un groupe qui tend le bras, une caricature d’Hitler et trois derniers clichés d’une croix gammée réalisée avec des canettes de bières », détaille le quotidien l’Union. Pour cette histoire, le natif de Châlons-en-Champagne prend quatre mois de prison ferme. Ses violences à répétition inquiètent. Avec d’autres MesOs, ils ont attaqués huit fois un local associatif de la ville, proche de la gauche radicale, entre 2015 et 2018. « Ils sont violents et je pense qu’il est possible qu’ils finissent par tuer quelqu’un », commentent des habitués des lieux. « Ils ont saccagé le local et ont agressé des personnes qui s’y trouvaient en leur jetant des bouteilles de verre », racontent ces témoins. Ces descentes sont accompagnées de menaces de mort : « On va te buter. On va cramer votre baraque ». Le tout sans cacher leur identité : Une autre fois, ils ont attaqué sept habitués de ce local, dans le centre-ville. « Le groupe s’est fait agresser par 20 d’entre eux. Ils se mettaient à cinq contre un et les ont frappé derrière la tête. On ne sait pas comment, mais il n’y a eu qu’un seul cocard et quelques courbatures. L’attaque était vraiment violente », continuent les militants. Pour ces actions, les MesOs Reims n’ont jamais été inquiétés par la justice. Le racisme et l’antisémitisme comme credo À la rentrée 2015, alors que fleurissent de nombreux messages de soutien aux migrants dans les stades, notamment allemands, une banderole « Refugees not welcome » est brandie dans le virage Sud de l’enceinte lyonnaise par les hooligans de la Mezza. Ils sont imités un mois plus tard par les MesOs Reims, qui affichent le même message sur l’autoroute – « avec le “s” du sigle des SS », pointe le quotidien régional l’Union. Entre temps, les Offender à Strasbourg y sont aussi allés de leur petit mot, mais dans la langue de Goethe : « Migrants Raus ». Autre credo récurrent de ces hools : l’antisémitisme. Les membres du Strasbourg Offender ont attaqué plusieurs fans de l’équipe du club israélien Maccabi Haïfa, lors de leur venue dans la ville alsacienne, en juillet, pour un match de coupe d’Europe. Sur un énième selfie, ils ont exhibé les écharpes volés aux supporters adverses, une pratique récurrente. Un des membres a accompagné cette photo d’un salut nazi tandis que d’autres tenaient un drapeau rempli de croix gammées, comme l’a noté Rue89 Strasbourg. Des membres des MesOs comme Edwin Dailly se sont aussi pris en photo à faire des saluts nazis, le « salut de Kühnen » – une variante à trois doigts du salut nazi – et des références à Adolf Hitler. Sur la photo de gauche, le membre des MesOs excentré à droite qui fait un salut nazi est Edwin Dailly. Sur l’autre photo, c’est un salut de Kühnen. / Crédits : DR D’autres de ces indeps d’extrême droite commettent des dégradations, comme Hadrien H., membre des Zouaves et de la Milice. Selon les informations de StreetPress, ce dernier se serait vanté auprès d’ultras parisiens d’avoir commis des tags antisémites sur la porte d’un appartement du 18ème arrondissement de Paris en 2018 : 9 510 personnes parlent à ce sujet Une participation aux manifs d’extrême droite En plus de ces symboles, attaques et dégradations racistes, ces indeps participent aux manifestations organisées par l’extrême droite. Plusieurs d’entre eux ont donc fait partie du Bastion social et d’autres de Génération identitaire. Les Zouaves et des membres de la Milice sont présents lors de la manif « contre l’islamisme » (en réaction à la marche contre l’islamophobie le même mois) du groupuscule, le 17 novembre 2019. Postés dans les premiers rangs du petit cortège, ils sont une dizaine à scruter une possible arrivée des antifas (qui ne se présenteront jamais). Ils reprennent avec entrain les chants lancés par les organisateurs de Génération identitaire, comme : Un mois plus tôt, ils étaient à Bordeaux pour la marche de la Manif pour tous avec un groupe nommé « Bordeaux nationaliste » et dans le cortège parisien du défilé homophobe. 318 personnes parlent à ce sujet Au stade, une présence tolérée par certains groupes ultras Ces groupes sont toutefois minoritaires dans le supportérisme français. « On ne parle pas avec eux et on ne les voit jamais au stade, ni même à l’extérieur. Ils ne représentent rien », confie un membre du Collectif Ultra Paris à propos des Zouaves. À Lyon, Strasbourg ou Toulouse, les bandes d’indeps, partagent la même tribune que les ultras, sans établir de relations plus poussées. « Ils sont abonnés mais ils ne viennent pas forcément à tous les matches. Ils sont là sur les rendez-vous importants. Chez nous, ils ont pas mal été ultras avant d’être hools », explique un ultra d’un de ces clubs. La situation est parfois plus trouble. Les ultras rennais, « apolitiques », admettent qu’ils peuvent faire bus commun avec les Roazhon 1901 pour les endroits « chauds » où « ça peut partir en schneck » (1). À Reims, des Ultrems – le groupe ultra – ont assuré à des militants locaux que les MesOs étaient indésirables dans leur tribune. Ces derniers en auraient « marre de les voir faire des saluts nazis, ils ne veulent pas de cette image au stade », racontent les militants. Pourtant, sur les réseaux sociaux, des Rémois affichent leur appartenance conjointe à la section « Jeune Garde » des Ultrems et aux MesOs. Contactés, les Ultrems n’ont pas répondu à nos sollicitations sur leurs relations avec ces hooligans Chez les Nancéiens, les ultras et les Brizak posent côte à côte à certaines occasions. Et on voit parfois le drapeau des Strasbourg Offender à leur côté dans les parcages visiteurs du club, comme fin août dernier à Sochaux. Les ultras de Nancy n’ont pas souhaité nous répondre « en détail », mais ont souligné que « la cohabitation avec les Brizak se passe très bien, chacun étant à sa place ». Le club de Nancy, quant à lui, nous a indiqué qu’il ne « s’exprimera pas sur ce sujet ». Voir les autres Tweets de Pierre Plottu À Lille, les Dogues Virage Est (DVE), le principal groupe ultra du Losc assume une « connexion énorme » (1) avec la Losc Army, un groupe d’indeps d’extrême droite dont faisaient partie Aurélien Verhassel, l’ex-patron du bar la Citadelle ou Yohan Mutte. Ils sont liés aux ultras par « la forte identité rue » qui compose les deux groupes. Comprendre leur goût pour la bagarre. Au sein de la police, un organisme spécifique est en charge du suivi de cette mouvance : la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH). Contactée par Streetpress, la DNLH n’a pas souhaité répondre à nos questions. Les Zouaves avait dans un premier temps accepté le principe d’une interview (écrite, via une messagerie), ils n’ont finalement pas donné suite. (1) Propos récoltés par l’auteur de l’article et le journaliste Frédéric Scarbonchi dans le cadre d’un livre-enquête sur le supportérisme en France entre 2017 et 2018 : « Supporter : un an d’immersion dans les stades français ». (2) Edit le 06/01/20 à 15h : Suite à un message de l’intéressé, nous avons corrigé une coquille dans son nom de famille. https://www.streetpress.com/sujet/1578306554-hooligans-neonazis-squattent-tribunes-stades-foot-extreme-droite-antisemites
  7. 01) Rennes - Bordeaux : 2-0 02) Strasbourg - Saint-Étienne : 3-1 03) Monaco - Lille : 2-1 04) Paris SG - Amiens SC : 3-0 05) Manchester City - Leicester City : 2-1 06) Tottenham Hotspur - Chelsea : 1-1 07) Real Madrid - Athletic Bilbao : 2-0 08) Fiorentina - Roma : 2-2 09) Atalanta - Milan AC : 3-1 10) Fenerbahce SK - Besiktas JK : 1-0
  8. 0 point, si vous faites un FLOP 1 point, si vous trouvez le match nul ou la victoire sans avoir le bon score 3 points, pour un bon pronostic trouvé 5 points, si vous trouvez le bon score du Paris Saint Germain ----------------------------------------------------------------------------------------------- 19EME JOURNEE: 01) Rennes - Bordeaux : 02) Strasbourg - Saint-Étienne : 03) Monaco - Lille : 04) Paris SG - Amiens SC : 05) Manchester City - Leicester City : 06) Tottenham Hotspur - Chelsea : 07) Real Madrid - Athletic Bilbao : 08) Fiorentina - Roma : 09) Atalanta - Milan AC : 10) Fenerbahce SK - Besiktas JK : Vous avez jusqu'au Vendredi 20 Décembre à 21h
  9. 01) Lille - Montpellier : 02) Lyon - Rennes : 2-0 03) Saint-Étienne - Paris SG : 0-3 04) Arsenal - Manchester City : 1-2 05) Real Sociedad - Barcelone : 0-2 06) Valence - Real Madrid : 0-3 07) Naples - Parme : 2-1 08) Fiorentina - Inter Milan : 1-0 09) Feyenoord - PSV : 2-0 1.) AZ - Ajax : 1-1
  10. la gratuite des transport pendant des jours de grève est impossible car la SNCF ne veut pas Les usagers ne seraient plus les dommages collatéraux des grèves, « pris en otage » selon l’expression employée à longueur d’éditos et de réactions politiques. Expression rejetée en bloc par Bruno Poncet, otage au Bataclan le 13 novembre 2015 : « Au lieu de diriger leur colère contre les cheminots, les usagers la dirigerait contre l’entreprise et leurs conditions quotidiennes de transport. » Lire aussi : Ligne P, RER E : les voyageurs s’unissent et réclament le remboursement de leur pass Navigo La SNCF évoque un problème d’assurance Encore faut-il que les entreprises, SNCF en tête, soient disposées à ce bras de fer sans perturbations. Depuis 2009 et la première proposition de cette forme de grève, la compagnie ferroviaire n’a pas changé d’avis et ne répond plus à ce sujet, notifie-t-elle à actu Paris : « On ne répondra pas à une revendication de Sud Rail en particulier, on parle à tous les syndicats. » La compagnie ferroviaire met depuis dix ans deux arguments en avant pour justifier son opposition : « Un ticket, c’est un contrat de transport. S’il y a un accident à bord d’un train, vous pouvez demander des comptes grâce au ticket », disait-elle au Figaro en 2018. Facile d’y remédier, avance Bruno Poncet : On peut éditer un billet à zéro euro, ça rejoint notre combat pour la gratuité partout. Dans un monde idéal, on ouvrirait les portiques aux usagers. Ce que ne feront pas les grévistes, en gare de Saint-Lazare par exemple, tout comme ils ne « vont pas encourager les usagers à ne pas prendre leur billet », explique Bruno Poncet : « Il y aura toujours un non-gréviste pour mettre une amende, ça ne sera pas rentable. » Pour la SNCF, ce type de grève ferait aussi courir un « risque d’incident aux usagers », en raison d’une potentielle ruée vers des trains qui seraient surchargés car devenus gratuits. Argument « ridicule » pour Bruno Poncet : « À Paris, les lignes B ou D sont déjà blindées. Les gens en voiture ne prendront pas le train pour un jour de grève ! » Lire aussi : Du RER B à la ligne 13, les transports à Paris « sont un calvaire » pour les usagers « Si on recommence, on nous licencie ! » Contre toute tentative de pratiquer ce type d’actions, la SNCF a le Code du travail avec elle : les agents qui ne rempliraient pas leurs missions, surtout le contrôle des billets, seraient sous le coup d’une sanction pour « faute professionnelle » ou « faute grave ». En 1989, la SNCF avait intenté 23 procès contre des agents ayant mené ce genre de « grève de la pince ». En 2019, Bruno Poncet n’y croit pas : Aujourd’hui, si on recommence, on nous licencie ! Ça devrait être massif, mais il y a un problème de solidarité. Et surtout un gros problème de légalité. Le législateur devrait se saisir de la question et que ce changement majeur du droit de grève soit voté. L’idée de la grève par la gratuité a été défendue, depuis 2009, par de nombreux responsables politiques, de Benoît Hamon (PS) à Marine Le Pen (LR) en passant par Xavier Bertrand (LR). Pourtant, aucune trace d’amendements à l’Assemblée nationale. Une « proposition consensuelle » soumise au gouvernement « Quand les gens sont dans l’opposition, ils trouvent l’idée bonne, mais quand ils approchent du pouvoir ils ne veulent plus en parler », a constaté Bruno Poncet. Benoît Hamon et Xavier Bertrand ont tous les deux été ministres. Mardi 19 novembre, le député Nicolas Dupont-Aignan (DLF) a demandé à la ministre des Transports Élisabeth Borne si elle envisageait de légaliser ce type « inédit » de grève : Elle aurait un coût bien moindre pour la SNCF et pour la collectivité que les grèves traditionnelles qui paralysent les transports. La paralysie, en particulier en Île-de-France, entraîne des millions d’heures de travail perdues. Il fait le parallèle avec la grève des urgentistes qui ont tenu leurs postes. Le gouvernement sera-t-il prêt à examiner cette « proposition consensuelle qui permettrait d’éviter l’exaspération des usagers et le pourrissement des mouvements sociaux » ? Il a n’a pas répondu au député. Bruno Poncet est sûr que non : « Il joue le pourrissement pour nous attirer l’impopularité et ne veut pas que ça change. » À partir du jeudi 5 décembre, à la SNCF comme à la RATP, la grève contre la réforme des retraites est reconductible, sans limite. Et certains syndicalistes sont prêts « à manger la bûche de Noël ensemble ».
  11. GROUPE A Club Bruges - Real Madrid : 1-3 Paris SG - Galatasaray : 3-0 GROUPE B Bayern Munich - Tottenham Hotspurs : 2-1 Olympiakos Pirée - Crvena Zvezda : 2-2 GROUPE C FC Shaktar Donetsk - Atalanta : 2-1 Dinamo Zagreb - Manchester City : 0-3 GROUPE D Bayer Leverkusen - Juventus : 1-2 Atletico Madrid - Lokomotiv Moscou : 3-0 GROUPE E Naples - Genk : 2-0 Salzbourg - Liverpool : 0-3 GROUPE F Borussia Dortmund - Slavia Prague : 4-0 Inter - Barcelone : 2-0 GROUPE G Zenith - Benfica : 1-2 Lyon - RB Leipzig : GROUPE H Ajax - Valence : 2-0 Chelsea - Lille : 3-0
  12. Le principe est simple, pour chaque match vous concernant, vous indiquez le score. Le barème des points est le suivant : 3 points pour le bon résultat. 1 point si vous trouvez le vainqueur ou le nul sans avoir le score exact. 0 point si vous faites un bide. GROUPE A Club Bruges - Real Madrid : Paris SG - Galatasaray : GROUPE B Bayern Munich - Tottenham Hotspurs : Olympiakos Pirée - Crvena Zvezda : GROUPE C FC Shaktar Donetsk - Atalanta : Dinamo Zagreb - Manchester City : GROUPE D Bayer Leverkusen - Juventus : Atletico Madrid - Lokomotiv Moscou : GROUPE E Naples - Genk : Salzbourg - Liverpool : GROUPE F Borussia Dortmund - Slavia Prague : Inter - Barcelone : GROUPE G Zenith - Benfica : Lyon - RB Leipzig : GROUPE H Ajax - Valence : Chelsea - Lille : Vous avez jusqu'au Mardi 10 Décembre 19h00
  13. Canal qui récupère 2 match/week-end et qui récupère la commercialisation de Bein. fini la gratuité
  14. 01) Nîmes - Lyon : 02) Montpellier - Paris SG : 1-1 03) Nice - Metz : 2-1 04) Reims - Saint-Étienne : 1-1 05) Everton - Chelsea : 1-2 06) Manchester City - Manchester United : 3-1 07) West Ham United - Arsenal : 2-0 08) Real Madrid - Espanyol : 3-0 09) Inter Milan - Roma : 2-1 10) Udinese - Naples : 2-0
  15. 0 point, si vous faites un FLOP 1 point, si vous trouvez le match nul ou la victoire sans avoir le bon score 3 points, pour un bon pronostic trouvé 5 points, si vous trouvez le bon score du Paris Saint Germain ----------------------------------------------------------------------------------------------- 18EME JOURNEE: 01) Lille - Montpellier : 02) Lyon - Rennes : 03) Saint-Étienne - Paris SG 04) Arsenal - Manchester City : 05) Real Sociedad - Barcelone : 06) Valence - Real Madrid : 07) Naples - Parme : 08) Fiorentina - Inter Milan : 09) Feyenoord - PSV 1.) AZ - Ajax : Vous avez jusqu'au Vendredi 13 Décembre à 21h
  16. 0 point, si vous faites un FLOP 1 point, si vous trouvez le match nul ou la victoire sans avoir le bon score 3 points, pour un bon pronostic trouvé 5 points, si vous trouvez le bon score du Paris Saint Germain ----------------------------------------------------------------------------------------------- 17EME JOURNEE: 01) Nîmes - Lyon : 02) Montpellier - Paris SG : 03) Nice - Metz : 04) Reims - Saint-Étienne : 05) Everton - Chelsea : 06) Manchester City - Manchester United : 07) West Ham United - Arsenal : 08) Real Madrid - Espanyol : 09) Inter Milan - Roma : 10) Udinese - Naples : Vous avez jusqu'au Vendredi 6 Décembre à 21h
  17. 01) Lyon - Lille : 2-1 02) Toulouse - Monaco : 0-2 03) Metz - Rennes : 1-0 04) Paris SG - Nantes : 3-0 05) Liverpool - Everton : 3-1 06) Manchester United - Tottenham : 2-1 07) Wolverhampton - West Ham : 2-0 08) Chelsea - Aston Villa : 3-0 09) Saint Étienne - Nice : 2-1 10) Amiens - Reims : 0-1
  18. Pour la 1 et 14, toutes les stations ne seront pas ouvertes
  19. 0 point, si vous faites un FLOP 1 point, si vous trouvez le match nul ou la victoire sans avoir le bon score 3 points, pour un bon pronostic trouvé 5 points, si vous trouvez le bon score du Paris Saint Germain ----------------------------------------------------------------------------------------------- 16EME JOURNEE: 01) Lyon - Lille : 02) Toulouse - Monaco : 03) Metz - Rennes : 04) Paris SG - Nantes : 05) Liverpool - Everton : 06) Manchester United - Tottenham : 07) Wolverhampton - West Ham : 08) Chelsea - Aston Villa : 09) Saint Étienne - Nice : 10) Amiens - Reims : Vous avez jusqu'au Mardi 3 Décembre à 21h
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