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Thiago Motown

La chose Politique

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2012 : les écologistes veulent la semaine de 32 heures et la retraite à 60 ans

 

La crise n'empêche pas la « transition écologique ». Demain, les militants et les coopérateurs d'Europe Ecologie-Les Verts vont adopter leur programme pour la présidentielle. Il prévoit notamment de poursuivre la réduction du temps de travail.

 

C'est un gros week-end pour les écologistes. L'agora d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui associe les délégués du Conseil fédéral et les « coopérateurs » sympathisants, doit à la fois valider le projet pour 2012 et désigner les candidats aux élections législatives.

 

Baptisé « Vivre mieux - vers la société écologique », le programme, de plus de 100 pages, est très marqué à gauche. Il table sur une sortie de l'énergie nucléaire d'ici à 2031. Dans son volet économique, il prévoit notamment « la création d'au moins 600.000 emplois sur la mandature par la transformation de l'économie ». Concernant l'âge de départ à la retraite, alors que le PS a migré vers la position plus mesurée de son candidat (lire ci-dessus), les écologistes réaffirment dans ce texte « la garantie du droit au départ à la retraite à 60 ans sans décote ni surcote ». « Nous ne sommes pas pour que tout le monde parte à 60 ans, nuance l'eurodéputé Pascal Canfin, chargé des questions économiques dans l'équipe d'Eva Joly. Mais pour que ceux qui ont cotisé la durée nécessaire puissent le faire. »

 

Plus surprenant, le projet des écologistes prévoit la relance de la négociation sur la réduction du temps de travail. « Nous lancerons dès 2012 la négociation sociale sur la réduction du temps de travail tout au long de la vie, avec comme objectif d'encourager les entreprises et les salariés à aller vers les 32 heures », peut-on lire. « La question est : quelle doit être l'organisation du travail sur l'ensemble de la vie ? Nous ne sommes pas dans la logique d'imposer les 32 heures partout », précise Pascal Canfin.

 

Un programme qui reste à chiffrer

 

Il faudra attendre le mois de janvier et la « modélisation » du projet des écologistes pour en connaître le chiffrage en termes budgétaires, et l'impact sur l'emploi et les émissions de gaz à effet de serre, explique Pascal Canfin. « Nous avons toujours été prudents : notre contre-budget présenté il y a quelques semaines était bâti sur une hypothèse de croissance de 0,8 % alors que le gouvernement avait retenu 2,5 %. » Pour les écologistes, réduire le déficit à 3 % du PIB en 2013 est « impensable économiquement ». « Aucun chemin crédible ne permet d'y arriver, estime Pascal Canfin. Une austérité généralisée entraîne plus de récession, moins de recettes fiscales, plus de dépenses sociales et donc plus de déficit. Ceux qui prétendent y arriver, comme Nicolas Sarkozy, François Bayrou ou François Hollande sont dans le déni de réalité. »

 

Au mois de janvier, Eva Joly donnera une nouvelle impulsion à sa campagne, en mettant l'accent justement sur la réponse à la crise et sur les mesures en faveur de l'emploi. A la différence du futur projet de François Hollande, qui semble s'éloigner jour après jour un peu plus du texte collectif adopté à l'unanimité par le PS au printemps, chez les écologistes, il n'y a pas de différence entre le projet du parti et celui du candidat. Il reste que, à l'inverse du PS, un fossé sépare le texte qui sera adopté ce week-end de celui qui constitue la plate-forme programmatique commune signée avec le PS voilà tout juste un mois.

 

RENAUD CZARNES, Les Echos

 

Non mais n'importe quoi les 32h..

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Dans quel monde ils vivent eux?

 

Edit: sinon je suis tombé sur ça ce soir en glandant sur youtube.

 

http://www.youtube.com/watch?v=TPrZN7esf3E

 

Putain mais alors elle, si elle pouvait se prendre 1000 coups de fouets façon "charia"; je dis pas non.

 

"Est-ce que je peux parler? Merci. S'il vous plait d'abord?"

 

Va apprendre à parler...

Edited by Intra-Muré
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Dans quel monde ils vivent eux?

 

Edit: sinon je suis tombé sur ça ce soir en glandant sur youtube.

 

http://www.youtube.com/watch?v=TPrZN7esf3E

 

Putain mais alors elle, si elle pouvait se prendre 1000 coups de fouets façon "charia"; je dis pas non.

 

"Est-ce que je peux parler? Merci. S'il vous plait d'abord?"

 

Va apprendre à parler...

 

 

Une corde pour Christine Tasin

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Les chanteurs de Brassens relaxés au tribunal

13/12/2011 | 15H17

 

Ils avaient entonné “Hécatombe” devant la Préfecture de police de Paris, en juin. Michel B. et Jean-Paul L., poursuivis pour violences pendant la dispersion du rassemblent, ont été relaxés ce mardi.

 

Le 18 juin, une petite bande de gens (entre 20 et 50) chante Hécatombe, la chanson de Georges Brassens, devant la Préfecture de police de Paris. Ils rendent hommage au musicien et affichent leur soutien à un homme condamné à Cherbourg trois semaines plus tôt pour avoir diffusé la chanson à plein tube depuis sa fenêtre, sous laquelle passaient deux policiers. A Toulouse, une trentaine de personnes ont été arrêtées en juin pour l’avoir reprise devant le commissariat.

 

Hécatombe, chanson écrite par Brassens dans les années 1950, raconte un pugilat entre des femmes de Brive-la-Gaillarde et des gendarmes.

 

Michel B., 47 ans et les cheveux longs, appartient au groupe Kropotkine de la Fédération anarchiste, où Les Inrocks s’étaient baladés fin mai. Il a appelé au rassemblement devant la préfecture. Ce mardi, il comparaît avec son co-interprète Jean-Paul L., 64 ans, devant la 28e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

 

Jean-Paul L., lui, avait entendu parler de l’initiative musicale dans l’émission de Daniel Mermet. Les deux hommes au casier vierge sont accusés de violences volontaires contre deux gendarmes (chacun le sien), n’ayant pas entraîné d’arrêt de travail. Ils doivent s’expliquer sur le déroulement du rassemblement.

 

"Ce n'était pas une manifestation mais une chorale"

 

“Il y avait des microphones ou c’était a capella?” interroge le juge. A capella mon capitaine. Michel B. raconte : “Ça avait l’air de les inquiéter puisqu’il y avait de plus en plus de gardes mobiles autour de nous. Ce n’était pas une manifestation mais une chorale.” Les gendarmes encerclent les troubadours, leur demandent de se disperser puis les repoussent, sur ordre, jusque dans la bouche du métro Cité. Bousculade dans les escaliers ou bagarre comme à Brive-la-Gaillarde, les deux hommes sont élus fauteurs de trouble.

 

Michel B. explique avoir été déséquilibré dans l’escalier bondé, par les pandores pressés. “N’ayant pas accès à la rampe d’escalier, je me suis accroché à ce que je trouvais, c’est-à-dire l’oreillette du gendarme.” Cinq agents le plaquent au sol et l’embarquent. Le gendarme à l’oreillette pendante, absent à l’audience, le contredit dans son rapport : “Il m’a bousculé, attrapé par le cou et poussé.” Un collègue à lui a vu le prévenu le “plaquer contre le mur”. Sifflements dans la salle, où une vingtaine de personnes, dont les chanteurs (sans croix de bois), ont fait le déplacement.

 

"Il m'a donné un coup au visage. J'en ai perdu mon calot"

 

Dessinateur industriel à la retraite, Jean-Paul L. paraît encore surpris de se retrouver à la barre. Le rapport du gendarme Courtecuisse (absent également) s’abat sur lui : “Il m’a donné un coup au visage, côté gauche, main ouverte, avec l’effet d’une gifle. J’en ai perdu mon calot.” Le prévenu, d’une petite voix, raconte sa version des faits : une “manifestation festive” qui se termine mal sans raison.

 

La procureure décide de “ne pas aller plus loin” vu “la difficulté de distinguer ce qui relève de violences et ce qui relève de bousculade” et “le manque de précision des gendarmes”. Faute de réquisitions, elle lance une pique. Les prévenus “sont bien conscients que ce rassemblement n’était pas innocent. On ne chante pas n’importe quoi n’importe où. Le message était aussi politique que festif”.

 

L’avocat Jean-Yves Halimi en fait son miel : “C’est bien le contenu de la chanson de Georges Brassens qui pose problème!”

 

“Donner un ordre de dispersion suppose un attroupement susceptible de porter atteinte à l’ordre public. Nous avons une chorale, pacifique, qui comporte des gens d’un certain âge - Brassens aurait dit des “têtes chenues”- et des enfants.”

Il montre au juge les photos du rassemblement, “minute par minute”. “Ici vous voyez le gendarme qui tente de lui arracher l’oreille.” L’avocat dénonce “l’injonction paradoxale” des forces de l’ordre, qui dans le même temps ordonnent au groupe de se disperser et empêchent les individus de quitter les lieux à pied. “L’un comme l’autre se seraient dispersés par voie terrestre si on leur en avait laissé la faculté.” Par voie terrestre ils repartent du tribunal, relaxés au bénéfice du doute.

 

Camille Polloni

 

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/74119/date/2011-12-13/article/brassens-hecatombe-prefecture-proces/

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Comment la colonisation efface la Palestine

jeudi 15 décembre 2011 par Pierre Stambul

La colonisation de la Palestine n’a pas commencé en 1967. Elle a débuté à la fin du XIXe siècle quand l’idéologie sioniste a inventé le mythe de l’exil et du retour. Bien que majoritairement non-croyants, les premiers sionistes ont utilisé la Bible comme un livre de conquête.

 

Une dépossession fondée sur le négationnisme

 

Vers 1900, la « gauche » européenne est massivement colonialiste, avec l’idée que le colonialisme apporte le « progrès » à des sociétés inférieures. Quand les sionistes choisissent la Palestine pour construire le futur Etat juif, ils inventent une histoire falsifiée : les Juifs auraient vécu autrefois dans un grand royaume unifié. Ils auraient été chassés de leur pays par les Romains et auraient vécu 2000 ans en exil. Les sionistes leur promettent le retour dans leur patrie. Le pays où ils arrivent est décrit (la phrase est de Zangwill) comme une « terre sans peuple pour un peuple sans terre ». L’aventure coloniale commence par une reconstruction de l’histoire et de la mémoire.

Le processus d’implantation et d’acquisition de la terre est classique dans les processus coloniaux : on trouve des féodaux locaux complaisants qui vendent la terre. On crée des protections contre les indigènes. Petit à petit, on confisque la terre et on repousse les autochtones un peu plus loin.

Le KKL (Keren Kayemeth LeIsrael = Fonds National Juif) est créé en 1901. Jusqu’à la fondation de l’Etat d’Israël, il est chargé d’acquérir par tous les moyens des terres pour les nouveaux colons. Il aura acquis 12% de la superficie de la Palestine en 1948.

Pourtant la Palestine était habitée. C’était une des provinces les plus développées de l’empire Ottoman. Dès 1920 apparaissent dans le pays des syndicats et des partis politiques avec une vie intellectuelle ancienne et vivace.

En 1919, les futurs dirigeants israéliens Ben Gourion et Ben Zvi écrivent un livre. Selon eux, ces « fellahs » qui vivent en Palestine sont sûrement les descendants des Hébreux (là ils n’avaient pas tort) et ils accepteront le projet sioniste (là ils se trompaient lourdement). En fait les Palestiniens n’avaient rien contre l’immigration juive. Ils se révoltent (1929, 1936) contre la création progressive d’un Etat qui accapare la terre, colonise et expulse les autochtones. Dès cette époque, les colons inventent des thèses négationnistes vis-à-vis des Palestiniens. Ce ne serait pas un vrai peuple, mais une population composite amenée là par les Ottomans. Ils seraient très peu nombreux. Les Juifs auraient toujours vécu là et seraient majoritaires à Jérusalem depuis des décennies. Ces sornettes sont toujours enseignées dans les livres d’histoire en Israël. Ce négationnisme de l’existence, de la dignité et des droits des Palestiniens légitime la théorie du « transfert » (l’expulsion des Palestiniens au-delà du Jourdain) qui apparaît vers 1930. En ce sens, le sionisme est un colonialisme très particulier : il ne vise pas à exploiter le peuple autochtone mais à nier sa légitimité et à l’expulser.

 

La Naqba : une institutionnalisation de l’effacement

 

Le partage de la Palestine décrété par l’ONU en 1947 était inacceptable à tout point de vue. Au nom de quoi cette institution s’arrogeait-elle le droit de priver les Palestiniens de la moitié de leur pays ? Dans ce qui était censé devenir l’Etat palestinien, il n’y avait que 10000 Juifs, alors que dans le futur Etat juif qui était plus grand et plus riche, 45% de la population était palestinienne et donc vouée à l’expulsion. Et c’est ce qui s’est pas passé. Le 15 mai 1948, quand Israël est reconnu par l’ONU et que la guerre débute officiellement, 375000 Palestiniens ont déjà été victimes de la purification ethnique et ont déjà été chassés. À la fin de la guerre (la Naqba = la catastrophe), 800000 Palestiniens sont dans les camps de réfugiés. Les premières mesures du gouvernement israélien consistent à violer délibérément la résolution 194 de l’ONU qui stipule le retour des réfugiés dans leurs foyers. Pire, le gouvernement israélien détruit délibérément plusieurs centaines de villages palestiniens. Il s’agit de détruire la mémoire et la trace de ce peuple. Parmi les organisations anticolonialistes israéliennes, il y a Zochrot qui a pour but de faire revivre la mémoire des villages palestiniens détruits. Parfois les militants de Zochrot organisent des confrontations (souvent houleuses) entre les expulsés (ou leurs descendants) et les occupants actuels de leurs maisons ou du territoire de leur village. Le fondateur de Zochrot, Eitan Bronstein, un Israélien d’origine argentine a réalisé un jour par Internet que son kibboutz était installé sur les ruines d’un ancien village palestinien dont les habitants vivaient en territoire occupé à quelques kilomètres de là. Il est entré en contact avec eux et a créé Zochrot.

En fait, tout Israël est bâti sur des ruines effacées.

Il y avait cinq villages palestiniens qui ont été détruits pour construire Tel-Aviv.

La route qui monte à Jérusalem est parsemée de villages palestiniens détruits sur lesquels les Israéliens ont planté des arbres pour les faire disparaître. Le village emblématique de la guerre de 1948, c’est Deir Yassine où les milices terroristes de l’Irgoun et du groupe Stern ont massacré 200 Palestinien-ne-s avant que l’armée « régulière » (La Haganah) n’occupe le village. Deir Yassine a disparu. Sur son territoire, on a bâti un « nouveau quartier » de Jérusalem-Ouest qui s’appelle Givat Shaul. Le tunnel routier qui passe sous ce quartier s’appelle tunnel Menachem Begin, du nom de l’assassin. Sur le territoire de Deir Yassine, on a construit Yad Vashem, le musée de la Shoah. La colonisation, c’est aussi remplacer une mémoire par une autre.

Dès la fin de la guerre, via le KKL, les Israéliens se sont emparés de 92% de la terre. Ces terres ont été distribuées aux nouveaux immigrants avec des discriminations flagrantes, les Ashkénazes (juifs européens) étant envoyés vers les régions riches et les Séfarades ou Misrahis (juifs arabes) dans les régions frontalières ou le désert.

La minorité palestinienne qui a échappé à l’expulsion a été confinée dans quelques villes ou villages (avec une grosse concentration en Galilée dans la région du « Triangle »).

Tout est fait pour les pousser à partir : dans les villes, ils ne peuvent pas construire, même en cas d’accroissement démographique. Dans les campagnes, on leur vole la terre. En 1956, les villageois palestiniens de Kafr Kassem ont été massacrés par la police des frontières pour « ne pas avoir respecté le couvre-feu » alors qu’ils rentraient des champs. En février 1976, le gouvernement israélien décida de confisquer des terres agricoles en Galilée. La révolte palestinienne fut durement réprimée, elle est célébrée depuis avec la « journée de la terre ». Dans le désert du Néguev, 100000 Bédouins furent expulsés dès 1949 et les autres parqués dans quelques réserves au nord du désert.

 

Le virage de 1967

 

La guerre des six jours n’est pas la réaction désespérée d’un pays encerclé. Les plans d’agression contre les pays voisins étaient prêts depuis longtemps. À cette époque, Israël s’attend à une immigration accrue, notamment en provenance des pays de l’Est et le pays manque de place. C’est le ministre le plus « à gauche » et le plus anticlérical du gouvernement de Levi Eshkol, Yigal Allon qui va programmer la colonisation. L’objectif principal, c’est Jérusalem et la Cisjordanie. Les frontières de Jérusalem-Est sont considérablement agrandies, allant de Ramallah à Bethléem et dès 1967, la ville est déclarée « réunifiée » puis annexée en 1980. En plus de 40 ans, environ 250000 Israélien-ne-s se sont installé-e-s dans les « nouveaux quartiers » de Jérusalem qui sont en fait des colonies. Les Palestinien-ne-s restent majoritaires dans leur ville, mais de justesse et leurs quartiers (la vieille ville, Silwan, Sheikh Jarrah) sont un à un attaqués avec expropriations et destructions de maisons. De grandes infrastructures (larges avenues, tramway) transforment les colonies autour de Jérusalem en quartiers de banlieue.

Pour la Cisjordanie, les travaillistes au pouvoir ont rencontré un gros problème. Il leur manquait le personnel politique pour coloniser. Les religieux (juifs orthodoxes) qui formaient moins de 10% de la population en 1967 étaient jusque-là peu intéressés par la politique ou le sionisme. Il existait un petit courant religieux qui avait fait la synthèse entre judaïsme orthodoxe et sionisme, c’était celui des disciples du rabbin Kook (mort en 1935). Les travaillistes vont offrir des sommes folles aux religieux pour qu’ils aillent s’installer en Cisjordanie. La conquête du mur des Lamentations va provoquer partout dans le monde une forme de messianisme perverti. Les colons religieux vont affluer par milliers du monde entier dans cette « terre que Dieu leur a donnée ». Ils vont donner des noms bibliques (Efrat, Eli, Kiryat Arba, Shavei Shomron …) à leurs colonies. Ils vont expulser les Palestiniens d’une partie de la vieille ville de Jérusalem et du centre d’Hébron. Aux Etats-Unis existe un mouvement très puissant, celui des chrétiens sionistes qui sont plusieurs millions. Ce sont des millénaristes et des antisémites. Pour eux, Dieu a chargé les Juifs d’expulser Armageddon (le mal, les Arabes) de la terre sainte. Après cette expulsion, les Juifs devront se convertir, sinon ils disparaîtront. Les chrétiens sionistes ont donné une aide économique décisive à la colonisation. Et leur poids politique explique en partie le fait que tous les présidents américains soutiennent la colonisation.

C’est donc la « gauche sioniste » qui a fait émerger avec l’aide d’antisémites américains le courant national-religieux. Ce courant représente aujourd’hui 25% de la société israélienne. Il est majoritaire à Jérusalem et totalement hégémonique dans les colonies. Il a secrété en son sein des fascistes particulièrement violents, certains de revivre l’épisode biblique (totalement légendaire) de la conquête sanglante de Canaan par Josué.

Là où les fous de Dieu sont en nombre insuffisant pour peupler les colonies, le gouvernement israélien a offert des maisons à prix cassés, beaucoup moins chères que dans les grandes villes israéliennes. Certaines colonies (Ariel, Maale Adumim …) sont devenues des villes de banlieue bon marché, bien reliées à Jérusalem et Tel-Aviv.

En 2002, des rabbins intégristes ont déniché des Indiens Aymaras qui vivaient de façon sectaire près du lac Titicaca. Ils les ont convertis au judaïsme et les ont fait venir dans la colonie de Gush Etzion. Ils parlent Aymara, quelques mots d’espagnol et d’hébreu religieux et ce sont des colons. Tout est bon pour effacer la Palestine.

Enfin dès 1967, la vallée du Jourdain, proclamée « stratégique militairement » est virtuellement annexée. Une partie de sa population est expulsée. La route (israélienne) qui longe le Jourdain s’appelle route Rehavam Zeevi, du nom d’un ministre israélien d’extrême droite exécuté par le FPLP.

 

Les méthodes utilisées

 

Il y a eu plusieurs colonisations. Celle du Sinaï avait essentiellement pour but l’exploitation des richesses, en particulier le pétrole.

L’évacuation des colons au moment de la paix séparée avec l’Egypte (1979) a été réalisée aisément, d’autant que les Israéliens ont obtenu de continuer de recevoir le pétrole.

La colonisation à Gaza avait pour but essentiel de détruire la région. 7000 colons occupaient 40% de la superficie face à des Palestiniens 200 fois plus nombreux maintenus dans la misère et contraints pour certains à travailler dans les colonies. Les colons de Gaza étaient des fanatiques pillant l’eau de la région et pratiquant une agriculture « high tech » au milieu d’une région misérable. L’évacuation de ces colons fut un trait de génie de Sharon qui a considérablement accentué ainsi la fragmentation de la Palestine. Les colons de Gaza ont été relogés dans les colonies de Cisjordanie.

Sur le Golan, tous les villages syriens ont été rasés, à l’exception des villages druzes au pied du Mont Hermon. Les Israéliens espéraient faire des Druzes des collabos, mais ça n’a pas marché. Le Golan contient la seule piste de ski de la région et le plus grand champ d’éoliennes. Il produit le meilleur vin d’Israël. Mais surtout il contient 35% des ressources d’eau alors que l’agriculture israélienne a déjà fait baisser le niveau du lac de Tibériade d’un mètre et celui de la Mer Morte de plus de 20 mètres. Les colons du Golan sont des laïques qui votaient pour le parti travailliste. Quand on traverse le Golan, c’est une suite de villages syriens détruits et de carcasses de mosquées. Qazrin, la capitale des colons est pleine de ranchs et de supermarchés. À la sortie de Qazrin, il y a une synagogue antique. C’est cela la purification ethnique : faire disparaître les traces de « l’autre » et pouvoir dire : « vous voyez, nous sommes revenus chez nous ».

Dans le Néguev, le désert a été couvert de villes nouvelles et d’exploitations agricoles. La population des Bédouins qui avaient échappé à l’expulsion a fortement augmenté. La terre appartenant au KKL, les Bédouins du Néguev ont été concentrés dans 7 villages reconnus, plusieurs dizaines de milliers d’entre eux vivant dans des villages non reconnus. Dans ce dernier cas, cela signifie pas d’eau, pas d’électricité, pas de route, pas d’école.

Et surtout des destructions incessantes : le village d’Al Araqib a déjà été détruit 36 fois. Un gigantesque projet de colonisation mené par le KKL et le gouvernement prévoit l’installation prochaine de 500000 colons dans le Néguev. Pour cela, il faut définitivement expulser les Bédouins ou les parquer dans des réserves.

 

La Cisjordanie : une annexion de fait

 

En Cisjordanie, dès la fin des années 60, des ministres israéliens ont survolé en hélicoptère la région, décrétant que telle ou telle région était « inhabitée ». Ils ont confisqué une énorme partie du pays. La frontière internationalement reconnue (la « ligne verte ») a disparu des cartes israéliennes. Un ministre de l’éducation qui avait voulu la mettre dans les livres d’histoire a été contraint à la démission. Il faut une carte française pour voir que l’autoroute Tel-Aviv-Jérusalem traverse les territoires occupés sur plusieurs kilomètres ou que la grande usine de cosmétiques Ahava au bord de la Mer Morte est aussi en territoire occupé. Toutes les grandes routes israéliennes traversent la Cisjordanie.

Sur les zones déclarées colonisables (sans compter Jérusalem), la croissance démographique est énorme : 80000 colons au moment des accords d’Oslo, 140000 au moment de l’assassinat de Rabin et près de 300000 aujourd’hui. Depuis 1967, tous les Premiers ministres sans exception, ont contribué à la colonisation.

Des routes de contournement interdites aux Palestiniens permettent aux colons de voyager sans encombre alors les Palestiniens connaissent les check-points et les agressions permanentes. Les colonies exploitent l’essentiel de l’eau de la région. Les puits des Palestiniens sont bouchés ou interdits d’accès. Les ordures des colonies (et même d’Israël) sont déchargées dans des décharges à ciel ouvert en Cisjordanie.

Certaines colonies sont dites « illégales » (comme si les autres étaient légales). [/b ]En quoi cela consiste ? Des colons installent des bungalows et immédiatement, l’armée arrive. Pas pour les expulser mais pour les protéger.[/b]

Les colons religieux fanatiques occupent le centre d’Hébron, protégés par 2000 soldats. Le souk de la ville est ruiné.

Entre Jérusalem et Bethléem, il y avait une belle forêt qui a brûlé le premier jour des négociations Barak-Arafat. C’est aujourd’hui la colonie de Har Homa qui arrive jusqu’au centre de Bethléem. Il y a déjà 22000 habitants et une extension de la colonie est en cours de construction. Les produits des colonies sont exportés sans taxe en Europe. Il est impossible de distinguer un produit venant des colonies d’un produit venant de l’Israël d’avant 1967. Les colonies bénéficient du statut privilégié que l’Union Européenne a accordé aux produits israéliens. Les dattes de la vallée du Jourdain sont devenues un produit d’exportation israélien (à boycotter absolument).

Certaines colonies sont devenues des entreprises industrielles. La colonie de Modi’in Illit (sur l’autre route Tel-Aviv-Jérusalem) abrite une firme informatique employant 2300 personnes. Elle est largement subventionnée et bénéficie d’une main d’œuvre qualifiée et bon marché : les femmes ultra orthodoxes de la colonie.

La Cisjordanie est fragmentée en trois zones A,B,C. La zone C est littéralement annexée de fait.

Le mur de l’apartheid que les Israéliens appellent le mur de séparation coupe les habitants de Cisjordanie d’une énorme partie de leur territoire. Toutes les grandes villes palestiniennes (sauf Jénine) sont encerclées par les colonies et le mur.

Une nouvelle phase de la colonisation est à l’œuvre : c’est la colonisation spatiale qui fait que, même si les Palestiniens de Cisjordanie sont beaucoup plus nombreux que les colons, ce sont les colonies qui encerclent les villes. En fait, toute une partie du territoire des colonies n’est pas encore urbanisée. Alors, on y installe une usine, une décharge, une station-service et le tour est joué, la colonie a triplé de superficie.

Quand une colonie se développe démographiquement, on expulse ses voisins. Ainsi au pied de Maale Adumim qui domine le désert de Judée et pille toute l’eau de la région, on expulse les Bédouins pour permettre l’agrandissement.

Presque tous les lieux touristiques des territoires occupés sont devenus « parc national israélien » (le tombeau de Rachel, Hérodion, la moitié du caveau des Patriarches). À Bethléem, on peut faire un tour de 360°, partout il y a le mur et les colonies. Et au pied d’Hérodion il y a la colonie où ont été relogés les colons de Gaza et celle où vit Avigdor Lieberman.

La colonisation a effacé la Palestine dont il ne reste plus que quelques cantons morcelés et encerclés. .

 

Quand on interroge les partisans sincères de deux Etats sur la base des frontières d’avant 67 en leur demandant ce qu’on fera des colons, ils répondent que, soit ils partiront, soit ils accepteront de devenir citoyen palestinien.

Mais on le met où l’Etat palestinien ? L’annexion de fait, l’avancée inexorable de la colonisation font qu’on est probablement déjà rentré dans une autre phase : celle de la lutte pour l’égalité des droits dans un espace unique.

 

Pierre Stambul

Edited by K-Max

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Ce mercredi 14 décembre vers 15 heures, un groupe d'environ trente

personnes a agressé des lycéens du Lycée autogéré de Paris (L.A.P).

Peu avant, un groupe d'extrême droite désigné comme le GUD s'employait à

diffuser des tracts dans le secteur (Paris 15e), quelques lycéens les ont

enjoints de cesser.

Manifestement insatisfait de cet état de fait, le groupe est donc revenu

en force afin de se livrer à une expédition punitive sur des lycéens au

sortir de leur établissement. Quatre personnes ont été visées, deux ont du

être hospitalisées, sans gravité pour l'un mais avec une blessure au crâne

pour l'autre. Ce dernier a pris un violent coup de pied à la tête et s'est

entendu dire "de la part du GUD".

 

Ceci illustre très vraisemblablement la volonté de s'organiser pour la

mouvance fasciste qui s'exprime librement ces derniers temps dans les rue

parisiennes à l'occasion de diverses manifestations de protestations

notamment contre des spectacles jugés blasphématoires.

 

Depuis quelques années et plus encore en 2010, la question de la

réapparition du GUD est régulièrement évoquée. Ce mouvement avait évoluer

vers le traditionalisme ; la mobilisation récentes de certains milieux

catholiques dans les rues de Paris donnent sans doute à certains l'espoir

d'une réimplantation pérenne.

 

De tels faits sont de nature à constituer un défi pour le mouvement

ouvrier parisien en vue d'organiser les conditions d'une réponse adéquate.

 

COLLECTIF MISSAK & MÉLINÉE

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Le Front national n’a « pas de passé antisémite » ?

 

Louis Aliot, vice-président du Front national et codirecteur de campagne de Marine Le Pen, de retour d'une visite en Israël, a assuré, mercredi 14 décembre, sur France Inter que son parti n'a pas de "passé antisémite".L'on dira que le numéro deux du FN à la fois joue avec les mots et a la mémoire courte.

 

Effectivement, le FN n'a jamais fait de l'antisémitisme un axe programmatique. Ce qui, soit dit en passant, serait tombé sous le coup de la loi. Mais il a toléré une parole publique antisémite.

 

Louis Aliot, lui même, répète souvent sa réelle aversion pour les thématiques négationnistes - une des expressions de l'antisémitisme - et qui dit souhaiter débarrasser le Front national de ceux qui en sont les promoteurs. Il les compare fréquemment à "une maçonnerie qui agit au sein du Front", au point que les plus violents d’entre eux le surnomment publiquement "le juif Aliot".

 

Lors de la création du parti d'extrême droite, l'on trouve ainsi dans le noyau dirigeant de la toute jeune structure un certain nombre de personnalités qui ont de solides états de service en la matière.

 

Il en est ainsi de Roland Gaucher. Roland Gaucher fut, sous l'Occupation, membre des Jeunesses nationales populaires, émanation du Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat. Et journaliste au National-Populaire, l'organe du RNP, à la ligne ultra-collaborationniste, qui revendiquait un antisémitisme "complet et résolu".

 

Directeur de National Hebdo, alors organe central du Front national, et membre du bureau politique de ce parti, Roland Gaucher (sur cette vidéo, Gaucher interroge Jean-Marie Le Pen) écrira en novembre 1989, dans un numéro hors série: "Nous sommes à l'aube d'un formidable combat à l'échelle planétaire entre l'Internationale juive et l'Internationale chrétienne, catholique d'abord. Selon l'issue de ce combat, qui est le grand affrontement religieux et politique de l'an 2000, selon l'issue de cette bataille, ou bien le christianisme réussira à se maintenir face à la fantastique force du monde juif. Ou bien, croyants et incroyants, nous vivrons sous la loi de la religion nouvelle : celle de la Shoah. "

 

Ou encore quelques mois plus tard, à propos de l'affaire du carmel d'Auschwitz: "Decourtray [archevêque de Lyon à l'époque] est le prototype de cet épiscopat qui veut à tout prix trouver des accommodements avec l'internationale juive".

 

 

Ancien Waffen SS

 

C'est aussi le cas de François Brigneau, autre figure collaborationniste présente à la naissance du FN qui, à l'instar de Roland Gaucher le quittera pour le Parti des forces nouvelles (PFN), avant de s'en rapprocher à nouveau, sera condamné à plusieurs reprises pour ses écrits antisémites durant les années 1980. Le 20 avril 1989, il précisera ainsi au tribunal qu'il est natif de Concarneau et ajoutera: "Il n'y a pas beaucoup de juifs à Concarneau parce qu'il n'y a pas beaucoup d'argent ".

 

Parmi les membres fondateurs du FN, l'on trouve aussi Léon Gaultier, ancien Waffen SS, qui restera quelques années au parti d'extrême droite et sera l'associé de Jean-Marie Le Pen au sein de la maison d'éditions SERP.

 

Tout comme Victor Barthélemy. Ancien communiste, il s'engagera aux côtés de Jacques Doriot au Parti populaire français, important parti collaborationniste et antisémite. Il sera membre du FN de sa fondation en 1972 jusqu'en 1978.

 

François Duprat, premier numéro deux du FN, de 1972 jusqu'à son assassinat jamais élucidé, en 1978, dans l'explosion de sa voiture, jouera, lui, un rôle important dans la mise en place du négationnisme au sein de l'extrême droite en France liant antisémitisme, antisionisme et anticommunisme.

 

En juin 1988, un conseiller régional d'Ile de France FN expliquera à deux journalistes deux journalistes étrangers, Lukas Lessing, reporter du magazine ouest-allemand Tempo, et Danny Leder, correspondant à Paris du magazine autrichien Profil : "En France, comme partout, la finance est tenue par les juifs. D'autre part, dans les médias, beaucoup de gens font partie de ce lobby. C'est ça la réussite des juifs dans le monde [...]. Le lobby, ça se sent".

 

En août 1989, dans un entretien publié par Présent, journal d'extrême droite, Jean-Marie Le Pen dénoncera " le rôle de l'internationale juive" dans "la création de l'esprit antinational". Durant cet été 1989, d'ailleurs, ce que le FN appelait à l'époque "la presse amie", à savoir les principaux titres d'extrême droite proches du FN, au premier rang desquels Présent et National-Hebdo, n'auront de cesse de jouer sur la rhétorique antijuive ( cf entre autres L'offensive antisémite de l'extrême droite, Olivier Biffaud, Le Monde du 9 septembre 1989).

 

Jean-Marie Le Pen avait aussi été condamné par la cour d'appel de Paris en 1993 pour son "jeu de mot" de 1988, "Durafour crématoire", visant le ministre Michel Durafour. Six ans plus tard, en 1999, il le sera par la cour d'appel de Versailles pour avoir répété, en 1997 en Allemagne, ses propos sur les chambres à gaz, "détail de l'histoire".

 

"Ils ont raté la mère Veil!"

 

En septembre 1989, le cinéaste Claude Autant-Lara, député européen FN (il a été élu sur la liste conduite en juin de la même année par Jean-Marie Le Pen) déclarera à propos de Simone Veil: "Que vous le vouliez ou non, elle fait partie d'une ethnie politique qui essaie de s'implanter et de dominer… Oh elle joue de la mandoline avec ça [les camps de concentration]. Mais elle en est revenue, hein ? Et elle se porte bien… Bon alors quand on me parle de génocide, je dis, en tout cas, ils ont raté la mère Veil !". Contraint d'abandonner son mandat, à la suite de ces déclarations reproduites par le mensuel Globe, il indiquera à l'AFP avoir émis "l'opinion que des millions de Français n'osent exprimer".

 

Par ailleurs, jusqu'au printemps dernier, plusieurs cadres importants du FN - qui ont fait la campagne de Bruno Gollnisch- étaient membre de l'Oeuvre française, un groupuscule qui revendique son antisémitisme. Jusqu'à l'élection de Marine Le Pen à la tête du parti d'extrême droite, ils jouissaient d'une grande tolérance au sein du Front.

 

Il faut se souvenir aussi que Jean-Marie Le Pen et certains cadres du FN on été proches de Dieudonné. Tout comme Alain Soral - alors membre du comité central du FN-, Frédéric Chatillon et Jildaz Mahé, tous deux proches de Marine Le Pen. Le Pen père n'a d'ailleurs jamais condamné les provocations de Dieudonné comme la remise d'un prix à Faurisson, célèbre négationniste.

 

Mme Le Pen, en revanche, a toujours marqué ses distances avec l'humoriste controversé qui a versé depuis dans un antisémitisme de plus en plus délirant et pathologique.

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Regain de violence au Caire, autour de Tahrir : une dizaine de morts et plusieurs centaines de blessés.

Les images nous montrent des forces répressives qui ne sont pas près d'effleurer la décence commune. Vidéo ci-dessous l'illustrant, atrocement difficile à regarder mais à cet extrême il faut peut-être voir pour le croire.

 

 

Edited by Aymeric
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J'ai une question , ce genre d'images ca passent sur des trucs style bfm tv , i télé , lci ect... ?

 

sinon la vidéo est.... je ne sais pas quoi dire...hardcore ouais c'est le mot

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Beyrouth. Je décide de passer d'abord par la capitale libanaise où il est plus facile d'obtenir un visa d'entrée qu'à Paris. A l'ambassade de France, on m'a fortement déconseillé de me rendre en Syrie. Le Quai d'Orsay ne veut pas de journalistes sur place : trop dangereux. L'ambassadeur de France a quitté Damas, il n'y a plus aucun journaliste occidental en Syrie.

A Beyrouth, je cherche des ressortissants syriens, des artistes. Zeid1, Libanais de 28 ans, est une figure de la scène alternative locale, peut-être le seul qui roule à vélo à Beyrouth. Il me donne rendez-vous dans un café Starbucks du centre-ville. Dès son arrivée, le rappeur demande à changer de lieu :

"Les recettes de Starbucks financent l'armée israélienne. Je ne veux pas cautionner cela, ce n'est pas bon pour mon pays."

Zeid est un artiste engagé. L'une de ses activités : la découverte et la promotion de nouveaux talents issus des printemps arabes qu'il veut faire évoluer sur la scène hip-hop. Sa dernière trouvaille, Youssef, un jeune rappeur qui a fui la Syrie. "J'ai quitté mon pays car j'en avais marre de l'arbitraire et de l'humiliation. La karama (la dignité - ndlr), c'est sacré, on ne peut pas vivre sans. Je ne pouvais pas non plus vivre sans dire ce que je pense et ressens."

Finalement, j'obtiens rapidement mon visa. Le gouvernement syrien commence à ouvrir ses portes aux journalistes. Le voyage entre Beyrouth et Damas se passe sans embûche. Les barrages de l'armée sont plus nombreux au Liban qu'en Syrie.

Damas est la plus ancienne capitale au monde. Depuis six mille ans, les peuples s'y mêlent. Contrairement à d'autres capitales, on n'y sent pas de stress. Dans le vieux quartier, les bâtisses sont resplendissantes, l'architecture arabe saisissante. On a l'impression qu'il ne se passe rien ici. Les terrasses des cafés sont bondées. Sur l'une d'elles, je m'installe à côté d'un groupe d'une dizaine de garçons qui jouent aux cartes et fument le narguilé en s'amusant. L'affection qu'ils portent les uns aux autres m'impressionne. Ils m'invitent à boire un thé et à partager leur narguilé. Ingénieurs, comptables ou chômeurs, ils ont entre 20 et 25 ans, un look branché. Ils me parlent de leur pays. Rien à voir avec le sentiment d'humiliation de Youssef, le rappeur réfugié à Beyrouth.

"Il ne faut pas croire tout ce que l'on dit à la télé. Nous vivons très bien ici, le monde entier est contre notre pays, le monde entier veut notre pays."

Tous se mettent à crier "Syrie forever". A côté du somptueux souk de la vieille ville, au pied de la grande mosquée des Omeyyades, une centaine de personnes, des chrétiens pour la plupart, manifestent leur soutien au régime. Ils crient : "Nous ne voulons pas la déstabilisation de la Syrie." Ou : "Tous derrière notre Président pour se protéger de l'ingérence étrangère, contre les groupes terroristes qui sèment la terreur." Une femme, croix en main, m'interpelle : "Depuis des siècles, des dizaines de communautés vivent ici en toute harmonie. La Syrie, c'est un miracle. Pourquoi veut-on nous déstabiliser ?"

Ce n'est pas à Damas que se concentre la contestation. Il faut se rendre dans les bastions de l'opposition, à l'ouest du pays. Qousseir est une ville fantomatique, en état de siège. A l'entrée, un check-point de l'armée. Des chars barrent la route. Des militaires filtrent soigneusement chaque passage. Ils arrêtent devant moi un homme avec un sac à dos plein à craquer, ouvrent son bagage, y trouvent on ne sait quoi et l'embarquent illico. Les militaires me déconseillent de franchir la zone tampon :

"Quand les rebelles vont voir que vous avez passé notre barrage, ils ne vont pas vous ménager."

Derrière le barrage, c'est une ville morte. Il est 11 h 30, tous les magasins sont fermés. Sur les statues des ronds-points, des inscriptions : "Mort au régime", "Nous ne voulons plus de Bachar el Assad." Me voilà sur la place habituelle des manifestations contre le régime. Un groupe de femmes squatte l'entrée d'une maison, le regard inquiet. "On nous a tué toutes nos vaches et brûlé nos fermes. On n'a plus de quoi vivre." Ce sont des mères de famille. "Au début, les manifestants réclamaient davantage de liberté. Aujourd'hui, la violence fabrique la violence, la haine crée la haine, on ne s'en sort plus..." Une dizaine de jeunes m'entourent. Il me faut m'expliquer, certifier que je suis journaliste. Visiblement, ils contrôlent le quartier. L'ambiance est tendue. Soudain, deux balèzes, le visage couvert par un foulard rouge et blanc, arrivent en moto : "Venez, on va vous emmener voir l'Armée libre de Syrie."

Nous sortons de la ville. Nous traversons des campements, des hommes en armes viennent renforcer le cortège. Nous coupons une route nationale où trois voitures accidentées demeurent abandonnées au milieu de la voie. Nous parcourons plusieurs kilomètres sur des chemins de terre. Des tirs retentissent au loin. Nous arrivons dans une ferme en pleine nature où se sont réfugiés des hommes de l'Armée libre de Syrie. Méfiants, ils hésitent avant de me donner une interview. Dans la pièce principale, plusieurs entrent et sortent en me fixant dans les yeux. Ils redemandent si je suis vraiment journaliste. Un homme plus âgé qui se présente comme le chef accepte de me parler.

"
Bachar el Assad se prend pour Dieu, on n'en veut plus.
C'
est un régime fasciste qui assassine. Ils ont tué des médecins, des avocats... Même un pauvre jeune qui filmait les manifs avec son portable."

Plusieurs hommes se joignent à la conversation. "Dans les manifs, ils ont utilisé des batteries anti-aériennes contre la foule, les militaires tirent et s'ils ne le font pas, ce sont les policiers qui leur tirent dessus..." L'homme enturbanné hausse la voix : " Le régime provoque la guerre civile entre communautés..." Soudain, la conversation s'interrompt. On me demande de partir : l'armée régulière arrive. Je quitte Qousseir pour Homs, la deuxième ville rebelle de Syrie. Là aussi, la route est semée de barrages de l'armée. J'arrive en début d'après-midi. Il règne une drôle d'ambiance. Dans les rues, des gens courent : les rebelles viennent de tuer deux policiers au milieu de la voie. Une heure plus tôt, un bus de voyageurs a été mitraillé. Les habitants quittent le centre-ville à vive allure.

J'ai rendez-vous avec une famille chrétienne dans le quartier le plus dangereux de la ville qu'on appelait le quartier des touristes. Aujourd'hui, c'est le quartier de la mort. Sur tout le parcours, j'entends des tirs : panique dans une circulation anarchique, tout le monde veut rentrer chez lui le plus vite possible.

Rachid, mon hôte, m'attend avec inquiétude sur le pas de sa porte. Il me fait entrer à toute vitesse dans l'appartement. Il est à peine 15 heures, l'heure du couvre-feu. "J'ai eu très peur pour vous. Depuis hier, les fusillades s'intensifient. Nous sommes cloîtrés ici depuis midi, on n'a pas pu sortir pour acheter à manger." Réfugiées dans un quatre pièces, trois familles vivent dans la peur. Salima ne cesse de faire craquer ses phalanges : "La semaine dernière, nous avons dû fuir 'la rue de la mort' où nous habitons. Un soir, des terroristes ont défoncé la porte et nous ont fait partir pour s'installer et combattre l'armée."

Pendant la conversation, on entend toujours des tirs. Salima rassure la petite Nora qui sursaute au moins bruit. "Cette année, il n'y aura pas de Noël pour les enfants, on a reçu des messages d'avertissement dans les boîtes aux lettres, qui nous interdisent entre autres de décorer les façades de nos maisons." Rachid fume cigarette sur cigarette. "On ne vit plus. Dès la nuit tombée, ils coupent l'électricité pour pouvoir patrouiller dans les ruelles. Ils ne sont même pas d'ici. J'en ai vu un en combinaison noire, cagoulé, il avait un fort accent libanais. Il donnait des ordres aux autres en disant que c'était lui, l'armée. Il y a deux jours, ils ont tué d'une balle dans la tête l'un de mes amis : il ne voulait pas leur donner sa voiture. A l'intérieur de sa VW, ils ont trouvé un drapeau syrien, ils l'ont enroulé dedans et l'ont laissé sur le trottoir."

La femme de Rachid renchérit : "Ces gangs tirent sur l'armée et les gens pour semer la terreur. On vit l'enfer depuis début novembre, cloîtrés dans nos maisons avec la crainte perpétuelle de recevoir une balle à travers les fenêtres."

Il est 19 heures, Rachid est gêné de devoir me demander de partir :
"S'ils apprennent que nous parlons à un journaliste, c'est fini pour nous !"

Il m'accompagne dans une maison vide dont il a les clés. Dehors, les tirs d'armes automatiques accompagnent le bruit des bombes. Pas un chat dans les rues noires. Nous rasons les murs sans faire de bruit. Homs, la nuit, c'est le théâtre de la guerre. Je dors dans l'angoisse des tirs qui se rapprochent toujours plus près. Le jour se lève à 6 heures. Toujours personne dans les rues. A partir de 9 heures, quelques véhicules commencent à circuler, des bus scolaires à peu près vides. Dans l'école proche de la maison, une classe sur deux semble abandonnée. Dans la salle de cantine, réunis autour du chauffage à bois avec des parents fatigués, des professeurs sont au chômage technique faute d'élèves. Une maman tremble encore : à 2 heures du matin, Fatima a vu la mort de près. Un tir de lance-roquettes a détruit la façade de son appartement.

"L'Apocalypse ! On entendait des rafales de tirs, puis cette bombe a frappé notre maison. On ne sait pas qui a tiré. Nous sommes tous terrorisés. Ce matin, quand j'ai amené mon fils à l'école, il y avait des morts partout dans les rues, des voitures brûlées. J'ai failli rentrer mais je ne vais pas empêcher mon fils d'aller à l'école."

La dame m'emmène constater les dégâts. Il est 11 heures, tous les commerces sont fermés excepté une boulangerie où plusieurs personnes font la queue. Nous sommes dans l'ancienne rue des Touristes rebaptisée rue des Morts. Partout au sol des flaques de sang. Nous arrivons au domicile de Fatima. Solidaires, des voisins tentent de réparer les dégâts. L'appartement de Fatima est à quelques mètres d'un camp retranché de l'armée, un centre commercial transformé en caserne. De loin, les militaires ont détecté la présence d'un étranger. Ils viennent vers nous, kalachnikov au poing. Tout le monde a peur. Ils m'emmènent au poste pour une vérification d'identité.

Les militaires ont les traits tirés, n'ont pas dormi de la nuit. Dans le bureau du chef, des tasses de café entassées et des cendriers pleins. J'en profite pour poser des questions sur la nuit de combats. Le chef accepte de parler avec moi : "Hier, nous avons reçu seize tirs de lance-roquettes. Comme les tireurs ne savent pas viser, les obus atterrissent chez des habitants." Je lui rétorque que selon les opposants, c'est l'armée qui tue la population.

"Nous, nous tuons les terroristes. Hier, des dizaines de combattants venus du Liban ont investi le quartier pour en découdre avec nous, ils s'habillent en militaires et sèment la terreur. Nous avons passé une nuit infernale."

Il me montre des fragments de bombes et s'exclame : "Quel intérêt aurions-nous à tirer sur la population ? Nous serions tellement mieux dans nos casernes, nous ne voulons pas la guerre civile." Je sors de la caserne improvisée et reprends mon périple dans la rue des Morts. Un commerçant que j'avais croisé souhaite me parler. Il m'emmène dans son local et ferme le rideau de fer : "Regardez, il y a eu des tirs dans mon magasin. On n'en peut plus de cette situation. La population est prise en otage. On ne veut plus vivre tous les soirs une guerre sans pitié."

Je quitte Homs sur une vision atroce : un corps, sur le trottoir, découpé en morceaux. Des passants vont et viennent sans y prêter attention.

 

Karim Baïla

 

Source: http://www.lesinrock...route-en-syrie/

 

(Mon copier-coller est foireux, vaut mieux cliquer sur le lien directement si ça intéresse des gens.)

Edited by Intra-Muré

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Regain de violence au Caire, autour de Tahrir : une dizaine de morts et plusieurs centaines de blessés.

Les images nous montrent des forces répressives qui ne sont pas près d'effleurer la décence commune. Vidéo ci-dessous l'illustrant, atrocement difficile à regarder mais à cet extrême il faut peut-être voir pour le croire.

 

 

 

Totalement barge...

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J'ai une question , ce genre d'images ca passent sur des trucs style bfm tv , i télé , lci ect... ?

 

sinon la vidéo est.... je ne sais pas quoi dire...hardcore ouais c'est le mot

 

 

Vu sur bfm hier ou avant hier ....

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Toast porté à la gloire du IIIème Reich, chants Nazis, insulte envers le serveur français (ça s'est passé à Val Thorens). Nor-mal.

 

Député du Tory. (C'est pas le mec en uniforme).

 

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Regain de violence au Caire, autour de Tahrir : une dizaine de morts et plusieurs centaines de blessés.

Les images nous montrent des forces répressives qui ne sont pas près d'effleurer la décence commune. Vidéo ci-dessous l'illustrant, atrocement difficile à regarder mais à cet extrême il faut peut-être voir pour le croire.

 

 

 

Totalement barge...

 

Totalement gerbant ...

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C'est quoi le truc des députés britanniques là?

 

Y a pas un article là-dessus?

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