Jump to content
ForumPSG.com
Johic

Topic dieze 31 dieze

Recommended Posts

le pire acte de fdp étant quand même qu'à un moment un de ces porcs enlève les lunettes de soleil d'un type (même pas de sky ou de plongée, juste des lunettes basiques) avant de gazer la gueule de tout le monde.

Ce week-end, de belles images aussi de flics qui se déchainent vénère sur des manifestants pas agressifs

de toute façon depuis les gilets jaunes ils sont en roues libres, avant ils faisaient leur saloperies à l'abri des regards, maintenant ils les font devant des dizaines de caméras et ça passe toujours nickel. 
Pas de pitié pour ces sous races avinées

  • Upvote 2

Share this post


Link to post
Share on other sites

Même au 1er mai quand tu vois qu'ils chargent la CGT... La violence sur les champs au début des GJ , ça leur a donné excuses à toutes bavures ces fdp. Rarement eu autant de répression en France que sous Macron....

Share this post


Link to post
Share on other sites
52 minutes ago, Ibr1 said:

 Rarement eu autant de répression en France que sous Macron....

:lol: 

Share this post


Link to post
Share on other sites

C'est sûr si tu remontes dans l'histoire...

Je rigole pas n'empêche, comme dit plus haut, ça se lâche maintenant en toute impunité devant les caméras ils en ont plus rien à foutre ils sont forcément les gentils forces de l'ordre qui sont à bout de nerfs etc etc

Share this post


Link to post
Share on other sites
Le ‎29‎/‎06‎/‎2019 à 21:24, Ibr1 a dit :

https://mobile.twitter.com/ClementLanot/status/1144572431241306112

Pépère...

Pendant que Macron parle de climat au Japon, voilà ses vrais actes sur Paris sur les militants écolos plus que pacifiques....

On s'en branle qu'ils soient pacifistes ces écolo-cons non?

C'est encore trop tendre à mon goût, tu bloques le pont, tu passes par-dessus.

Share this post


Link to post
Share on other sites
Il y a 2 heures, Mendy4Ever a dit :

On s'en branle qu'ils soient pacifistes ces écolo-cons non?

C'est encore trop tendre à mon goût, tu bloques le pont, tu passes par-dessus.

 

Bah non. Ils boquent un pont pacifiquement en se tenant les bras donc tu les décolle un par un même si ca te prend 4 h. 

 

Ta conclusion guerrière ça te va pas du tout Lionel arrête un peu

Share this post


Link to post
Share on other sites

en parlant de conclusion guerrière je vous conseille l'échange Macron/Poutine au G20... ça ça fait peur, 15 schtroumpfs qui gazent 5 lascars sur un pont voila quoi, c'est lourd mais ça reste mineur

Share this post


Link to post
Share on other sites
Il y a 13 heures, La dareune a dit :

 

Bah non. Ils boquent un pont pacifiquement en se tenant les bras donc tu les décolle un par un même si ca te prend 4 h. 

Ta conclusion guerrière ça te va pas du tout Lionel arrête un peu

Ca me correspond très bien le "laissez la police faire son travail".

Sérieusement, je suis clairement favorable à une répression bien plus violente à l'encontre de tous les connards qui pensent que leurs avis nous intéressent.

Pas de soucis avec les manifestations organisés, mais si tu bloques sauvagement ou tu casses : la foudre et le feu.

Et pour les écolos, tu les tortures avant, la pire race.

Share this post


Link to post
Share on other sites
Citation

Zineb Redouane, assassinée le 1er décembre 2018 à Marseille.

arton15192.jpg

Zineb est décédée des suites de la blessure occasionnée le 1er décembre 2018 par une grenade lacrymogène qu’elle a reçu dans le visage à la fenêtre de son appartement marseillais. Elle est une victime emblématique des violences policières à l’œuvre depuis l’automne 2018 dans le cadre de la répression des manifestations marseillaises contre le mal logement et du mouvement des Gilets Jaunes.

Biographie

Zineb Redouane est née le 6 juillet 1938 en Tunisie et décédée le 2 décembre 2018 à Marseille. Surnommée « Mama Zina » par ses proches, elle est née d’un père commerçant algérien et d’une mère turque qui s’étaient rencontrés en Syrie. Enfant, elle fréquente la grande mosquée de Zitouna à Tunis où elle apprend l’arabe et la religion. Issue de la petite bourgeoisie algérienne, ses proches décrivent une femme qui lisait beaucoup, intéressée par la religion et l’histoire, à l’affût de l’actualité. « Elle n’a pas fait d’études, c’est mon père qui lui a appris à écrire en français, relate Milfet Redouane, l’une de ses filles. Elle aimait explorer. »

Dans les années 1980, son mari, imprimeur à Alger, s’installe à Paris où il gère un hôtel et une librairie. Puis il revend l’hôtel parisien pour acquérir l’hôtel Beau Séjour sur le Vieux-Port et le Rex près de la gare Saint- Charles. Zineb Redouane, qui a abandonné ses salons de coiffure pour élever les enfants, multiplie les allers-retours entre la France et l’Algérie.

Après le décès de son mari en 1996, Zineb Redouane prend son relais dans la gestion hôtelière.

En 1997, l’année suivante, l’un de ses fils meurt d’un arrêt cardiaque à Alger à l’âge de 30 ans. « Mama Zina » a été enterrée près de lui le 25 décembre au cimetière de Birkhadem. « C’était sa seule volonté, mettez-moi dans la tombe de mon fils. » Marquée par la mort de son fils, « Mama Zina » développe du diabète et des problèmes cardiaques – elle porte un stimulateur.

En 1999, Imen Souames arrive en France et loge d’abord à l’hôtel Rex. Rapidement, elle « l’aide dans sa paperasse » et les deux femmes se lieront d’une amitié indéfectible pendant plus de 20 ans. Originaire de Skikda en Algérie, Imen Souames est assistante d’éducation dans les écoles marseillaises. « Elle était très courageuse, elle aimait sortir et s’amuser » décrit Imen.

Ayant perdu son hôtel en 2002, Zineb trouve un petit appartement au 12 rue des Feuillants à Noailles, au coin de la Canebière, qu’elle loue 565 euros. En bas, des épiceries à petits prix, la pizzeria familiale Charly Pizza et le marché des Capucins, avec ses vendeurs de cigarettes à la sauvette. Zineb vivait de la réversion de la pension de son époux.

Depuis son pèlerinage à la Mecque en 2004, elle portait un foulard.

« Sa fille Milfet renchérit : « Elle avait une mémoire incroyable et une excellente vision de près comme de loin. Sur le balcon à Alger, elle voyait arriver son petit-fils avant moi. » Zineb aimait aussi beaucoup la mer, face à laquelle elle prenait le café avec ses petits- enfants à Alger. « Parfois, on prenait des sandwichs et on passait des heures sur la plage à Marseille », se souvient Imen Souames1. »

Récit des faits

Le 1er décembre 2018, à l’appel du Collectif du 5 novembre créé suite à l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne, plus de 15 000 Marseillais.e.s manifestent contre l’habitat indigne et le mal logement qui a coûté la vie à 8 habitants du quartier de Noailles, soutenus par les Gilets Jaunes qui font alors la jonction lors de l’acte III.

Après avoir dispersé la manifestation devant la mairie et sur le Vieux-Port de Marseille, les forces de l’ordre repoussent les manifestant.e.s vers le haut de la Canebière. Des tireurs équipés de lance-grenade Cougar de calibre 56 mm tirent en direction des façades pour atteindre les manifestants par ricochets, ce qui est une pratique non réglementaire consistant soit à viser volontairement une personne à sa fenêtre, soit à faire rebondir la cartouche lacrymogène sur le mur de façon à atteindre un angle-mort.

Peu avant 19h, des agents des forces de l’ordre sont positionnés devant l’enseigne C&A au 53 La Canebière, à l’angle de la rue des Feuillants qui s’ouvre sur la Place des Capucins du quartier de Noailles. Les manifestants ont été repoussés plus haut sur la voie tandis que d’autres habitants sont sur la Place des Capucins. Les policiers tirent des grenades lacrymogènes, dont certaines atteignent les façades de la Canebière et de la rue des Feuillants. L’interprétation de ces tirs laisse penser qu’ils ont été réalisés dans le but d’atteindre les manifestants par ricochets, en dépit des nombreuses fenêtres des immeubles d’habitation.

Zineb Redouane est chez elle, au quatrième étage du 12 rue des Feuillants. Elle prépare son dîner en discutant au téléphone avec sa fille Milfet Redouane, qui se trouve alors à Alger. Beaucoup de gaz lacrymogène entre par la fenêtre de sa chambre ouverte, qui donne sur la Canebière. À 18h57 (heure vérifiée grâce à l’appel téléphonique), Zineb se dirige vers la fenêtre pour la fermer. Elle met le haut-parleur de son téléphone qu’elle pose sur le radiateur situé sous la fenêtre afin de continuer la conversation en ayant les mains libres, et passe la tête par la fenêtre pour regarder dans la rue avant de la fermer. Elle voit alors deux policiers sur la Canebière, au croisement de la rue des Feuillants devant l’enseigne C&A. L’un d’entre eux tient un lance-grenade braqué en sa direction. Leurs regards se croisent quelques instants : son visage n’est pas masqué. « Je pourrai le reconnaitre » a-t-elle affirmé à sa fille Milfet et à son amie Imen. Puis, elle reçoit une grenade lacrymogène sur l’hémiface droit de son visage. Les deux policiers montent alors en voiture et s’éloignent des lieux. Immédiatement, elle déclare à sa fille Milfet inquiète d’entendre ses cris : « Il m’a visée, le policier m’a visée ! » 2 Malgré le choc de l’impact, Zineb Redouane reste debout et éteint le début d’incendie provoqué par les palets incandescents libérés par la grenade. Dans une pièce de 12 mètres carrés noyés par 800 mètres cubes de gaz, et en pleine hémorragie, elle piétine seule les étincelles qui brûlent au sol.

Sa voisine du dessous, Nadjia Takouche, alertée par ses cris, monte immédiatement lui porter assistance tandis que son amie Imen Souames, prévenue par sa fille Milfet, appelle les pompiers dont la caserne est située à moins de 200 mètres sur la Canebière. Elle devra les rappeler trois fois, et ils mettront 1h20 à venir lui porter secours. Pendant ces 80 minutes, Zineb Redouane les attend assise sur les marches du palier du 3ème étage, contenant une hémorragie importante à l’aide de nombreuses serviettes éponge fournies par sa voisine Nadjia. Lorsque les pompiers arrivent enfin, un policier est avec eux et réclame les clés de l’appartement de Zineb Redouane, qui refuse de les lui donner. Elle explique qu’elle a déjà éteint l’incendie, fermé le gaz et coupé l’électricité. Le policier insiste et menace de forcer la porte, alors Zineb Redouane lui laisse les clés et se fait conduire à l’hôpital de la Timone peu avant 21h. Elle attend ensuite avec Imen Souames près de 4 heures aux urgences avant d’être prise en charge pour suturer les plaies du visage dont l’hémorragie continue. Au alentours de 4h du matin le 2 décembre, elle sera transférée à l’hôpital de la Conception. Avant d’être admise au bloc opératoire 10 heures plus tard, à 14h le 2 décembre3, elle fait trois arrêts cardiaques. Son cœur parvient à redémarrer et elle reste consciente, ce qui lui permet de parler au téléphone avec Milfet alors qu’elle se trouve en service de réanimation, avant qu’on ne déclare finalement sa mort à 22h30, soit 27,5 heures après l’impact de la grenade, à l’hôpital de la Conception 6,7.

Autopsie et expertises

IMG_20190430_1005021-768x1024.jpg Scellés sur la porte de Zineb.

Les ogives de grenades lacrymogènes s’ouvrent en vol pour libérer plusieurs capsules de plastique contenant de la poudre de gaz CS qui se volatilise sous forme de nuage par l’effet de la combustion. Les capsules sont donc incandescentes au moment où la grenade vient frapper Zineb en plein visage, alors qu’elle regarde par sa fenêtre. Les capsules tombent dans son appartement et Zineb, bien que gravement blessée, s’empresse de les éteindre pour éviter l’incendie et se débarrasser du gaz. Le sol de la pièce, une chambre de 10 à 12 mètres carrés, est maculé de suie et de traces de combustion, témoins d’un incendie évité de justesse par les piétinements de Zineb 4,5

L’hémiface droite de son visage a été à ce point fracturée que les os de la face se sont affaissés pour venir oppresser ses voies respiratoires : le choc de l’impact a déplacé sa maxillaire tandis que l’inhalation de gaz a provoqué un œdème pulmonaire ainsi que l’effondrement de son palais. Les médecins légistes Marc Antoine Devooght et Jacques Desfeux se gardent pourtant d’imputer à la police la responsabilité de la mort de Zineb, affirmant plutôt que la cause du décès serait un “oedème pulmonaire aigu après tentative de réanimation”. Le procureur Tarabeux renchérit en affirmant que Zineb serait morte “d’un choc opératoire” et d’un “arrêt cardiaque sur la table d’opération”.

Le dossier médical présente des clichés photographiques pris entre le moment de la prise en charge de Zineb à l’hôpital et son décès, qui permettent d’émettre plusieurs hypothèses sur les causes de la mort :

  1. La première hypothèse, qui est la version reconnue officiellement par les autorités, ne prend en considération qu’une seule des blessures visibles sur le corps de Zineb. Cette version incrimine une grenade lacrymogène de type MP7 (56 mm) tirée par un seul policier à l’aide d’un lanceur Cougar et qui aurait frappé de plein fouet Zineb sur la maxillaire droite, après avoir suivi une trajectoire en cloche (= acte involontaire).
  2. La seconde hypothèse prend en considération la blessure sur le torse de Zineb mais occulte la présence d’un impact, attribuant la blessure à l’un des palets incandescents libérés par la grenade qui lui a frappé le visage. Cette version ne semble pas crédible, dans la mesure où la blessure sur le torse ne montre aucune brûlure mais au contraire un impact circulaire de petite taille entouré d’une ecchymose de 15 cm de diamètre. Les capsules lacrymogènes n’ont aucune force cinétique et ne peuvent occasionner ce type d’ecchymose.
  3. La troisième hypothèse prend également en considération la blessure sur le torse de Zineb, tout en l’attribuant à un second projectile de type balle de gomme. Elle aurait alors été touchée par une grenade lacrymogène au visage, ainsi que par une balle de gomme au torse. Cette version semble difficilement crédible, dans la mesure où elle impliquerait que deux tireurs armés de deux armes différentes auraient tirés simultanément sur Zineb dans une fenêtre de tir d’un mètre carré situé à 40 mètres de distance. Il est en effet improbable qu’il y aie eu une volonté coordonnée (= acte volontaire) de tirer à deux policiers sur Zineb et que ces deux tirs aient réussi à atteindre Zineb en même temps et avec autant de précision.
  4. La quatrième hypothèse prend aussi en considération les deux impacts et les attribuent tous deux à la même arme, capable de tirer deux grenades lacrymogènes de petite taille (40 mm, correspondant à l’impact sur le torse) dans la même direction et dans un laps de temps très court. Le nouveau fusil multicoups Penn Arms serait alors incriminé, ayant la capacité de tirer 6 cartouches lacrymogènes MP3 en 4 secondes.

Le 9 juillet 2019, Le Media diffuse un entretien réalisé à Alger avec Sami, le seul de la fratrie ne souhaitant pas s’associer aux autres enfants de Zineb Redouane, dans lequel il révèle ces photographies du visage tuméfié de sa mère. Par cet acte non concerté et extrêmement controversé, il ravive les dissensions au sein de la famille.

Tir en cloche ou tir de façade ?

La version officielle parle d’un tir en cloche qui seraient tombé au mauvais endroit.

Il est totalement impossible qu’une grenade puisse occasionner de telles fractures alors qu’elle est en phase descendante, en retombée. De surcroit, l’ogive de grenade s’ouvre lorsqu’elle se situe en haut de sa trajectoire et l’ensemble des éléments la constituant (ogive + capsules lacrymogènes) retombe avec une force cinétique très faible. Il ne peut y avoir d’impact dans ces conditions.

La présence d’un impact puissant susceptible de fracturer les os du visage à une distance de 30 à 40 mètres implique un “tir tendu” : la grenade est alors dans sa trajectoire montante et tirée avec un angle de 20 à 30°, soit en dessous de l’inclinaison verticale obligatoire de 30 à 45°.

Se présentent alors deux hypothèses :

  1. soit le policier visait délibérément Zineb Redouane et a dirigé son arme en tir direct (non règlementaire) vers elle pour l’atteindre de plein fouet, ce qui impliquerait une tentative d’homicide ou un homicide volontaire.
  2. soit le policier effectuait un “tir de façade” (non règlementaire) consistant à s’affranchir d’un obstacle en faisant rebondir la grenade sur un mur afin que les capsules lacrymogènes atteignent par rebond une foule dans un angle mort.

Au vu de la configuration des lieux, de l’angle de la rue des Feuillants par rapport à la Canebière, mais aussi des panneaux de chantier qui obstruent la visibilité sur la rue des Feuillants depuis la Canebière, l’hypothèse d’un tir de façade est crédible, dans la mesure où aucun tir direct, y compris en cloche, ne pouvait atteindre les manifestants présents plus haut dans la rue des Feuillants, très étroite et entourée d’immeubles hauts.

Sur les images ci-dessous, on voit le champ de vision extrêmement réduit depuis la Canebière sur la rue des Feuillants. Le seul angle permettant un tir direct en cloche (règlementaire) sur une foule située plus haut dans la rue des Feuillants n’aurait jamais pu atteindre Zineb Redouane de plein fouet (sa fenêtre est située à l’endroit de la croix rouge). Sur les trois autres vues, seule l’angle depuis le centre de la Canebière ou le trottoir devant le magasin C&A permet d’atteindre la fenêtre de Zineb Redouane. Mais un tir depuis là ne peut en aucun cas atteindre les manifestants dans la rue des Feuillants, hormis par un rebonds (tir de façade). Ou alors Zineb était directement et volontairement visée…


  • streetview_zineb_1-1024x780.png
  • streetview_zineb_2-1024x811.png
  • streetview_zineb_3-1024x778.png
  • streetview_zineb_4-1024x904.png
  • zineb_schema-1024x586.png
  • zineb_schema_2-1-1024x584.png
  • zineb_schema_3-1-1024x892.png Bleu : policiers / Jaunes : manifestants / Rouge : absence de visibilité / Vert : trajectoire du tir

La procédure judiciaire

Milfet Redouane a aussitôt fait une demande de visa pour s’occuper de sa défunte mère et engager les poursuites judiciaires avec le soutien de la meilleure amie de Zineb, Imen Souames, qui l’a accompagnée fidèlement au cours des 20 dernières années de sa vie 8,9. Grâce à elle, Zineb a pu parler avec chacun de ses enfants au téléphone avant de décéder.

Avant même de disposer d’éléments factuels et établis, le procureur Xavier Tarabeux a affirmé que « le décès résulte d’un choc opératoire et non d’un choc facial », ajoutant qu’« à ce stade, on ne pouvait pas établir de lien de cause à effet entre la blessure et le décès » [sic].

bouzrou.jpg Me Yassine Bouzrou

Milfet Redouane et Imen Souames ont organisé le rapatriement du corps de Zineb, qui a été inhumé le 25 décembre à Alger10,11. Elles ont également fait le choix de confier leur plainte à Me Yassine Bouzrou, qui a défendu plusieurs familles de victimes par le passé 12,13.

Le 24 avril 2019, la juge en charge de l’enquête est pointée du doigt après avoir demandé aux experts d’établir le montant de l’Incapacité Totale de Travail de Zineb Redouane [sic]14,15. Pour autant, il n’est pas possible à ce stade de juger des avancées de l’enquête, confiée à l’IGPN. Des experts médicaux et balistiques ont été désignés dès le 10 décembre et devaient fournir un rapport en mars 2019. En mai 2019, il n’y a toujours pas de nouvelle de ces expertises. Par conséquent, Me Bouzrou a mis en cause l’impartialité de la juridiction marseillaise et a demandé le dépaysement de l’affaire, qui a été refusé par l’avocat général près la Cour d’Appel d’Aix, Robert Gelli, le 2 mai 2019, estimant que “la requérante” ne fournit “aucun élément sérieux de nature à mettre en cause l’impartialité du magistrat instructeur saisi”.16,17.

Le 5 juin 2019, Yassine Bouzrou dépose plainte pour « faux en écriture publique aggravé » après avoir été informé que l’une des 4 caméra censée être la plus proche de l’endroit où a été effectué le tir serait inopérante : « Il est particulièrement surprenant que ce soit justement cette caméra qui ait été déclarée inopérante. La thèse malheureuse du défaut de fonctionnement de la caméra la plus proche des lieux des faits n’est pas crédible, et ce notamment au regard des manœuvres employées […]. »

Suite à l’audition des cinq CRS de Saint Etienne (CRS 50) porteurs de lanceurs Cougar le soir du 1er décembre sur la Canebière, on apprend qu’ils étaient accompagné d’un délégué du procureur de Marseille, André Ribes. Celui-ci, équipé d’un brassard “Parquet”, apparaît en effet sur plusieurs vidéos.

Dans un périscope diffusé sur internet, le moment de la scène et l’atmosphère générale est retranscrite sur un laps de temps de 3 minutes correspondant au moment où les CRS arrivent au croisement de la rue des Feuillants avant de progresser plus en amont sur la Canebière : https://www.periscope.tv/w/1eaKbOZBQbXGX. Entre 14’01 et 14’09, on entend que les policiers procèdent à trois tirs de grenades à l’aide de lanceurs Cougar. S’il y a eu d’autres tirs, ils ne sont pas audibles sur cette vidéo. André Ribes apparaît à plusieurs reprises sur cette vidéo, ainsi que sur d’autres images prises plus tôt sur le vieux port.


  • ribes3.png Quelques minutes avant l’arrivée rue des Feuillants
  • ribes-1024x518.png Quelques minutes avant l’arrivée rue des Feuillants
  • ribes2-1024x528.png Devant le C&A (à gauche de dos)
  • ribes0.png Sur le vieux port
  • ribes4-1024x916.jpg André Ribes en robe de magistrat

Le 20 juin 2019, le procureur général Robert Gelli accepte le dépaysement de l’enquête : « Au moment de la manifestation, un magistrat du parquet était présent aux côtés des forces de l’ordre, ce qui, en soi, n’a aucune incidence sur les faits mais peut créer une forme de suspicion. C’est un élément que j’ignorais jusqu’alors et qui me gêne un peu. Je considère que la sérénité de la poursuite de l’information à Marseille risque d’être perturbée. Autant anticiper des polémiques inutiles. »

Le 2 juillet 2019, nouveau rebondissement dans l’affaire avec la publication d’un rapport d’autopsie réalisé par les médecins légistes du centre hospitalo-universitaire d’Alger suite au rapatriement du corps de Zineb le 25 décembre en Algérie : les professeurs Rachid Belhadj et Radia Yala affirment que “la victime présentait un important traumatisme facial imputable à l’impact d’un projectile non pénétrant”, confirmant ainsi la responsabilité directe du tir dans la mort de Zineb.

Comité Vérité, Justice et Dignité pour Zineb Redouane

milfet-imen-1024x576.jpg Imen Souames et Milfet Redouane

Milfet Redouane et Imen Souames, accompagnées par des personnes de confiance, dont certaines sont des habitantes solidaires du quartier de Noailles, où habitait Zineb, ont constitué un comité et choisi de mener la bataille pour faire la lumière sur la mort de Zineb.

Le 28 mars 2019, Milfet Redouane sort du silence en adressant une lettre ouverte au président Macron suite à ses propos concernant Geneviève Legay, militante d’Attac blessées par des CRS le 23 mars à Nice dans le cadre d’une manifestation de gilets jaunes. Elle se prononce notamment pour l’interdiction des armes qui ont tué sa mère : “La vraie sagesse, c’est d’interdire ces armes”18.

Le Comité a rencontré à Paris début avril plusieurs familles touchées par les violences d’État, des journalistes engagés, ainsi que des collectifs et personnes investies depuis plusieurs années auprès de victimes de violences policières19. Milfet Redouane est notamment accueillie avec chaleur et émotion par Jérôme Rodrigues (gilet jaune éborgné par un tir de LBD lors d’une manifestation le 26 janvier 201920) et l’Assemblée parisienne des Gilets Jaunes le 9 avril 201921.

Milfet et Imen s’expriment ensemble fin avril 2019 dans une vidéo tournée par le collectif militant marseillais Primitivi, afin de revenir sur les faits et d’expliquer leur démarche 22.

Le 27 avril, des manifestant-es solidaires collent une fausse plaque en hommage à Zineb Redouane par dessus le panonceau de la rue des Feuillants23,24. Régulièrement, des hommages sont rendus à Zineb dans le cadre des commémorations des victimes de l’écroulement des immeubles de la rue d’Aubagne, dans la mesure où la mort de Zineb est intervenue en marge d’une manifestation suite à ce drame et que les victimes étaient toutes habitantes du même quartier que Zineb25,26.


Sources

  1. Louise Fessard, “Zineb Redouane: sa famille s’étonne du «silence politique» après sa mort “, sur Mediapart le 9 mars 2019
  2. « Les proches de Zineb Redouane portent plainte et s’engagent dans un combat pour la justice », sur Révolution Permanente (consulté le 14 juin 2019)
  3. Récit de sa fille Milfet recueilli par Révolution Permanente, “1er décembre 2018 : la dernière journée de Zineb Redouane, racontée par sa fille. Justice et vérité !“, le 24 janvier 2019
  4. Désarmons-les! Ce qu’il faut savoir sur les lacrymo“.
  5. Désarmons-les! Les grenades utilisées dans l’opération militaire de Notre Dame des Landes“.
  6. La Marseillaise, “Décès d’une octogénaire touchée par une grenade lacrymogène samedi à Marseille“, le 3 décembre 2018 à 12h57
  7. La Provence, “Marseille : une femme de 80 ans décédée après avoir été blessée par une grenade lacrymogène “, le 3 décembre 2018 à 13h11
  8. Ballast, “[https://www.revue-ballast.fr/castaner-ma-mere-est-morte-a-cause-de-vos-armes/ « Castaner, ma mère est morte à cause de vos armes ! »]”, le 24 avril 2019
  9. Reporterre, “Le combat des proches de Zineb Redouane pour que justice soit faite“, le 24 avril 2019
  10. Mars Actu, “Décédée après un tir de grenade lacrymogène, Zineb Redouane a enfin pu être inhumée“, le 26 décembre 2018
  11. Tout sur l’Algérie, “L’algérienne tuée lors de la révolte des « gilets jaunes » va enfin pouvoir être enterrée“, le 22 décembre 2018
  12. Mars Actu, “La famille de Zineb Redouane porte plainte pour violences ayant entraîné la mort“, le 15 avril 2019
  13. Révolution Permanente, “Les proches de Zineb Redouane portent plainte et s’engagent dans un combat pour la justice“, le 15 avril 2019
  14. Le Parisien, “Mort de Zineb Redouane : l’intrigante demande de la juge chargée de l’enquête“, le 24 avril 2019
  15. 20 Minutes, “Marseille : La justice demande de déterminer l’incapacité totale de travail de Zineb Redouane, décédée après un tir de grenade lacrymogène“, le 25 avril 2019
  16. Mars Actu, “L’avocat général Robert Gelli refuse le dépaysement de l’affaire Zineb Redouane“, le 3 mai 2019
  17. La Provence, “Morte après un tir de lacrymogène à Marseille : le dépaysement de l’enquête rejeté “, le 3 mai 2019
  18. Publiée par Révolution Permanente, ““La vraie sagesse c’est d’interdire ces armes”. La fille de Zineb Redouane répond à Macron“, le 28 mars 2019
  19. Twitter de Sihame Assbague, “[1]“, le 10 avril 2019
  20. Check News, “Le gilet jaune Jérôme Rodrigues a-t-il perdu son œil ?“, le 6 mars 2019
  21. Video de Revolution Permanente, “Jérôme Rodrigues et une salle comble rendent hommage à Zineb Redouane“, le 9 avril 2019
  22. Video de Primitivi, “Parce que la mort de Zineb Redouane est l’affaire de tou.te.s
  23. La Provence, “Marseille : une (fausse) plaque pour Zineb Redouane“, le 29 avril 2019
  24. Revolution Permanente, “Une plaque à Marseille en hommage à Zineb Redouane“, le 29 avril 2019
  25. 20 Minutes, “Immeubles effondrés à Marseille: Six mois après, les cicatrices restent béantes dans toute la ville“, le 5 mai 2019
  26. France 3, “Marseille : six mois après le drame de la rue d’Aubagne, une journée de fête et d’hommage aux victimes“, le 5 mai 2019

 

  • Upvote 1

Share this post


Link to post
Share on other sites

Le corps de Steve a été retrouvé dans la Loire. Une bavure de plus, une.

Rip

 

000_1j73tt-4363774.jpg

Edited by Ibr1

Share this post


Link to post
Share on other sites
Quote

Tarbes: ivre, un homme vole la voiture des policiers, active la sirène et les insulte au mégaphone

 
11/09/2019 à 14h32
 

L'automobiliste a profité d'avoir été laissé sans menottes pour s'offrir une virée en voiture de police.

Il a joué un drôle de tour à la police. A Tarbes, dans la nuit samedi dernier, un homme, en état d'ébriété, est parvenu à s'enfuir d'un contrôle routier, comme le rapporte Sud Ouest

Il n'a pas été menotté 

Samedi soir, à Tarbes, la police interpelle un homme au volant, en train de zigzaguer sur la route. Il est arrêté par les policiers qui l'asseye dans la voiture de police, sans le menotter. L'homme étant complètement ivre. 

Il insulte les policiers

Sauf que l'homme a un regain d'énergie. Alors que les policiers sont à l'extérieur du véhicule, il prend le volant, démarre et active la sirène et le gyrophare. Il va même jusqu'à utiliser le mégaphone pour lancer des insultes. Il fait ainsi le tour de la ville en criant. 

Son aventure se termine quelques minutes plus tard. Il finit par s'encastrer dans des voitures en stationnement. Il réussit, au passage, de percuter une voiture de la BAC. Après un petit tour en cellule de dégrisement, il a déféré devant le parquet en début de semaine. Il sera prochainement jugé pour l'ensemble de son oeuvre. 

 

Share this post


Link to post
Share on other sites
Citation

Violences, bavures : des policiers racontent

Enquête 

 

Un an après le début du mouvement des gilets jaunes, des membres des forces de l’ordre évoquent leur rapport aux armes, à leurs limites… et plus généralement à la violence. Celle qu’ils subissent comme celle dont ils font usage.

L'Hebdo Logo
  • Mikael Corre, 
  • le 19/11/2019 à 10:03 
  • Modifié le 19/11/2019 à 19:44
Violences, bavures : des policiers racontent
 
 
 
Toulouse, le 26 janvier, lors de l’acte 11 des gilets jaunes.ULRICH LEBEUF/MYOP

Sur le procès-verbal d’interpellation, Arthur (1) a écrit que « cinq individus présentant une attitude hostile » s’approchaient de lui. C’est un mensonge. « Un petit mensonge nécessaire », relativise ce policier du Sud-Ouest, de ceux que l’on écrit pour « se bricoler un cadre légal lorsque… eh bien… lorsque ça rentre pas ». Une sorte de chausse-pied, donc. Ce matin-là, personne ne s’approchait d’Arthur. Pas un seul individu présentant une attitude hostile à la ronde. Un jeune d’une quinzaine d’années courait simplement comme un dératé le long d’un trottoir bordé d’arbres.

Arthur et ses collègues n’avaient pas réussi à l’attraper (ils avaient un très sérieux motif pour le faire). « Écoute, je vais pas te mentir. Le type était à 70 mètres, quelque chose comme ça. Alors même si je l’avais touché… Une balle en caoutchouc, dans le dos et à cette distance, ça l’aurait pas arrêté. » Alors pourquoi lui avoir tiré dessus au LBD (lanceur de balles de défense), cette arme noire à gros calibre devenue l’un des symboles des violences policières ?

« Eh bien… Pour lui en mettre une. Qu’il ait bien à l’esprit que l’autorité, c’est nous. Dans les quartiers, tu sais, c’est un rapport dominant-dominé. Une cité calme, dans laquelle une voiture de police peut entrer sans incident, c’est des années de travail. Je devrais pas te dire ça, mais parfois, on doit dépasser la ligne. » En théorie, un tir de LBD doit « dissuader ou neutraliser une personne violente et/ou dangereuse » (instruction du 2 septembre 2014 du ministère de l’intérieur). En pratique, l’arme est donc également employée pour « se faire respecter » (« rien que la sortir, parfois ça suffit »), et ce malgré les risques que l’on connaît.

« Maintenir à distance »

« Une fois, j’ai tiré au LBD dans la gorge d’un mec. C’était un jeune. Après, c’est parti en émeutes dans toute la circo’. Évidemment, pour la hiérarchie c’était de ma faute… » Luc est entré dans la police en 1994, « à une époque où on sortait encore sans gilet pare-balles, avec seulement un six-coups ». C’était un an avant que le directeur général de la police Claude Guéant introduise l’usage du Flash-Ball (une marque de LBD), généralisé quatorze ans plus tard à toutes les unités « intervenant dans les quartiers difficiles » par son successeur Frédéric Péchenard.

« Le jeune, je lui ai évidemment pas visé la gorge. On était deux en patrouille, ce jour-là. On voulait attraper un type qui faisait du scooter sans casque et mon coéquipier s’est un peu trop enfoncé dans la cité. J’étais encore au volant quand je l’ai vu revenir en courant poursuivi par une vingtaine de mecs qui lui balançaient des trucs. Alors je suis sorti de la voiture et j’ai tiré. » Luc juge le LBD nécessaire pour « maintenir à distance » et éviter, dans certains cas, « d’avoir à tirer à balles réelles ». « Cette fois-ci, ça a touché la gorge, bon et alors ? C’est pas téléguidé. Le jeune, il est pas mort non plus. C’est le hasard. C’est pas pour ça qu’il faut retirer l’arme. » Une arme qui est pourtant critiquée depuis des années pour son imprécision.

Sur ordre

« Tu veux savoir ce que j’en pense ? Je pense que vous, les journalistes, vous êtes des hypocrites. » Un policier parisien habilité au port du LBD s’agace. « Ça fait des années qu’on l’utilise en banlieue et tout le monde s’en fout. Quand c’est un petit Noir ou un petit Arabe qui en prend une dans la tronche, ça fait jamais les gros titres. Quand c’est un Blanc par contre… Tu te souviens de la manifestation à Montreuil ? » Le 8 juillet 2009, un réalisateur de 34 ans, Joachim Gatti, est éborgné alors qu’il proteste contre l’évacuation d’une ancienne clinique.

« C’était l’indignation nationale. Le début de la focalisation sur le LBD. Après, bon… L’auteur du tir à Montreuil, c’était un mec de la BAC (brigade anticriminalité, NDLR). C’est souvent pas les plus carrés. » Ces unités intervenant en priorité dans les banlieues ont été créées au niveau national en 1994 – la même année où a été introduit le Flash-Ball. Quotidiennement, elles patrouillent en civil dans des voitures banalisées, le LBD souvent posé au pied du siège passager. Elles ont la réputation « de pas mal arroser », métaphorise le policier parisien, notamment lors des manifestations.

Le chef d’un groupe BAC de l’ouest de la France concède : « C’est vrai qu’au début des gilets jaunes, ça a pas mal tiré. Mais après, quand on a beaucoup parlé des éborgnés, c’est vite devenu la psychose. On devait annoncer à la radio qu’on avait effectué un tir à tel ou tel endroit. » Une procédure vécue comme infantilisante par des policiers habitués à agir « sur initiative ».

Violences, bavures : des policiers racontent
 
 

Paris, le 18 mai, lors de l’acte 27 des gilets jaunes. / KARINE PIERRE/HANS LUCAS

Pour Claude, gradé chez les gendarmes mobiles (équivalent pour les militaires des CRS), la mesure va toutefois dans le bon sens. « Dans mon peloton, celui qui tire de sa propre initiative, il prend déjà un grand coup derrière les oreilles. » Chez les gendarmes, le porteur d’un LBD ne tire que sur ordre. Un superviseur désigne la cible et rappelle la zone à viser. Résultat : moins de tirs et moins de blessés. « Le maintien de l’ordre, c’est pas du ball-trap, c’est un truc de pros. On apprend à tenir à distance, à avoir un usage proportionné et gradué de la force… On enverrait pas le service des essences faire la guerre, alors pourquoi déployer des mecs pas formés sur les gilets jaunes ? »

Ont ainsi été mobilisés dans ces manifestations des policiers de la BRI (brigade de recherche et d’intervention), de la BRB (brigade de répression du banditisme) ou de la BAC, davantage habitués à interpeller des délinquants de plus ou moins haut vol qu’à rester stoïques face à des manifestants.

La pression monte

À entendre plusieurs sources, y compris au sein de la police, l’essentiel des violences serait donc dû à un manque de formation. L’hypothèse est séduisante. Elle a aussi quelque chose d’hypocrite, estiment plusieurs policiers de la BAC : « C’est vrai qu’on pourrait être mieux formés au maintien de l’ordre, mais notre métier, ça sera jamais de barrer une avenue » ; « nous, on va au contact, on interpelle. Et quand on nous envoie dans la mêlée, je peux te dire que c’est pas pour faire de la désescalade. »

Dans le jargon du maintien de l’ordre, la désescalade consiste à tenter de faire baisser la pression. Or la simple présence de policiers de la BAC dans une foule suffit parfois à ce que cette pression monte d’un cran. La hiérarchie le sait très bien. Certains commandants choisissent pourtant de déployer ces forces dès le début des manifestations. D’autres préfèrent attendre le plus tard possible. Un « baqueux » dans une ville moyenne de Paca témoigne : « En fonction de l’officier qui commande le jour J, tu sais tout de suite s’il va cacher sa police ou non. Juste parce que notre présence est vécue par certains manifestants comme une “agression visuelle”… Je trouve pas ça normal, mais bon… »

Rester de longues heures dans la voiture engendre toujours une certaine frustration. « Tu es là, stationné à 500 mètres des gilets jaunes… Tu sers à rien. Tu te dis : ”J’aurais été mieux à la maison.” Mais tu sais aussi que ça peut déraper. Que quand ça sera la panique sur les ondes, que les collègues commenceront à tomber comme des mouches et qu’on annoncera les premiers blessés, là on te dira d’y aller. Même le plus flippé des officiers, il te dira d’y aller. »

Au casse-pipe

Le chef d’un groupe BAC confirme. « Il y a eu tellement de samedis avec les gilets jaunes… Il fallait bien faire tourner les effectifs. Alors la hiérarchie a fait descendre des policiers des bureaux. Des collègues avec zéro condition physique, à qui on a donné un casque et qu’on a envoyé à la mailloche. Alors évidemment, au bout de quelques heures, quand ça commençait à trop reculer, on nous faisait intervenir. » On demande aux BAC d’interpeller les manifestants les plus violents, mais aussi « tout simplement d’avoir un impact physique, comme dit un policier de la région lyonnaise. Un peu comme un remplaçant du XV de France qui entre en fin de match pour renforcer le pack. »

Violences, bavures : des policiers racontent
 
 

Samedi 12 janvier 2019. / ULRICH LEBEUF/MYOP

Les recrutements à la BAC passent par des tests physiques assez difficiles (cardio, boxe…). Les policiers de ces unités sont souvent les plus sportifs et les plus aptes au combat au corps-à-corps au sein de leurs commissariats. « Par contre, dans la mêlée, on n’est pas du tout en freestyle comme on le lit partout, tient à préciser le policier lyonnais. On sait qu’au moindre dérapage, la hiérarchie ouvrira le parapluie. Personne ne s’étonne qu’on ait des gestes… disons… appuyés, mais celui qui va trop loin, il est tout seul. »

Maxime, aujourd’hui retraité, a travaillé plusieurs années à l’IGPN (Inspection générale de la police nationale), la police des polices. C’est elle que peuvent saisir les victimes ou les témoins de violences policières présumées. « Ce que j’ai observé, c’est que dans beaucoup d’affaires, il y avait une faute de management. Derrière les violences, il y a souvent des gars envoyés au casse-pipe, en sous-effectif et avec des ordres pas clairs. Pour moi, c’est avant tout ce qui s’est passé l’année dernière. »

L’IGPN a été saisie de 313 enquêtes judiciaires « pour des suspicions de violences policières » sur des gilets jaunes, selon le ministère de l’intérieur. Elles sont encore en cours. Dans le cas plus ancien de Joachim Gatti, le réalisateur qui a perdu un œil à Montreuil, le policier responsable du tir de LBD a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et vingt-quatre mois d’interdiction de port d’arme. La cour lui a reconnu une circonstance atténuante, l’« absence d’instruction claire et précise » émise par sa hiérarchie. « Les ordres flous, ça a l’air de rien, mais c’est l’un des problèmes principaux dans la police, insiste Maxime. Et les gens le savent peu… »

Un policier parisien prend l’exemple d’une course-poursuite. « C’est récent, ça s’est passé hier. Je voulais contrôler un véhicule, je mets le gyro et, au lieu de se ranger sur le côté, il accélère. Alors je prends la radio et je demande la priorité sur les ondes. Ça veut dire qu’il y a plus que moi qui peux émettre, les autres sont censés la fermer. Et là j’annonce : “Prenons en chasse un véhicule… délit de fuite… etc.” Réponse du commandement : “Prenez pas de risques”. » Traduction : décidez tout seuls de poursuivre ou non la chasse. « Si ça s’était mal passé, on nous aurait ressorti la bande. “On vous avait dit de pas prendre de risque et patati et patata…” C’est tout le temps comme ça. Tout le monde se couvre et à tous les niveaux. »

Aucune lettre

« C’est vrai ce qu’il dit… » Un commandant en poste en Île-de-France nous transmet l’analyse d’un psychologue de la police nationale avec qui il échangeait par e-mail au printemps dernier : « Personne n’a compris que toute cette violence qui se déploie aujourd’hui chez certains policiers, les moins structurés, les plus fragiles, les moins autonomes mentalement parlant, est le symptôme des dysfonctionnements internes qui irriguent la police depuis des lustres, écrit cet expert, persuadé que la violence des manifestants n’est qu’un élément déclencheur. Ces policiers, par leur violence, qu’ils la retournent contre eux pour ceux qui se suicident ou qu’ils la projettent au dehors d’eux pour les autres, pointent du doigt les insuffisances notoires de notre management. »

Selon son diagnostic, la parole hiérarchique, qu’il juge « absente et symboliquement vide de sens », entraîne une paralysie générale. « Les policiers attendent de leurs chefs qu’ils prennent leurs patins. En vain, regrette le psychologue. On attend des responsables soit qui disent “stop, ça suffit, rentrez dans le rang”, soit qui reconnaissent la souffrance existante, la difficulté de faire ce boulot. »

Violences, bavures : des policiers racontent
 
 

Paris, le 9 février. / KARINE PIERRE/HANS LUCAS

C’est le courage qu’avait eu le préfet de police Maurice Grimaud en 1968, en adressant une lettre individuelle à tous les policiers : « Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière (…). Je sais que ce que je dis là sera mal interprété par certains, mais je sais que j’ai raison et qu’au fond de vous-mêmes vous le reconnaissez », écrivait le haut fonctionnaire, qui insistait aussi sur « la sauvagerie de certaines agressions (contre les forces de l’ordre), qui vont du pavé lancé de plein fouet sur une troupe immobile jusqu’au jet de produits chimiques destinés à aveugler ou à brûler gravement. » Les policiers interrogés confirment n’avoir reçu aucune lettre ou message sur le thème des violences de la part de leur hiérarchie durant la mobilisation des gilets jaunes.

Tout à perdre

Alors, sur le terrain, on se débrouille pour rester « le plus pro possible », comme le dit Éric, policier de la BAC dans l’ouest. « Ça m’est déjà arrivé d’écarter un collègue parce qu’il allait en mettre une dans la gueule. Et tu sais, je vais être très franc, ça m’est arrivé aussi. C’est arrivé qu’on ait dû m’écarter. Le collègue qui te dit qu’il n’a jamais eu le geste de trop, il te ment. Après, je n’ai jamais mis de patate dans le visage ou de “kick” à un mec au sol. Mais la tarte oui, je l’ai mise. En quinze ans de service, ça dépasse pas les cinq ou six fois, mais quand même, je l’ai mise. »

Éric évoque en particulier une période de « divorce difficile », durant laquelle il a failli « perdre la maison ». « Pendant un an et demi, j’étais vraiment au taquet financièrement. Dans un moment comme ça, ce qui change tout, c’est d’avoir des collègues qui tiennent bien la route. On dit souvent qu’on se couvre entre policiers, mais le mec qui est une vraie tête brûlée, ou celui qui est pas bien ce jour-là, on le lui dit. On veut pas qu’il nous amène dans un sale truc. On a tout à perdre : nos familles, nos maisons… »

La vigilance des collègues est particulièrement importante en manifestation. Le chef du groupe BAC de l’ouest de la France témoigne. « Personne ne se dit le matin : Cet après-midi je vais en attraper un et le massacrer au sol.” Mais quand tu prends des œufs seringués à l’acide et des “cacatov” (des contenants, par exemple des pots de confiture, remplis d’excréments), ça peut assez vite dégoupiller. Là c’est important de savoir comment vont tes gars. Une unité de la BAC, si c’est pas bien noyauté, ça part tout de suite en violences. Moi quand j’en vois un trop énervé, je l’envoie au volant, dans la voiture. » C’est arrivé deux fois pendant les mobilisations de gilets jaunes. « Un jeune collègue. Les deux fois, il est parti tout seul, tout droit dans la foule, pour en attraper un. Il a fallu lui gueuler dessus pour qu’il revienne. La fougue de la jeunesse… »

Partir, le plus vite possible

L’excitation liée à l’adrénaline, à l’usage de certaines armes (comme le dit un policier : « Je me souviens quand j’ai gazé pour la première fois avec une bombe lacrymogène à grande capacité… C’était un peu comme la première fois que tu sautes en parachute : pas grisant, mais presque. »), l’idéalisation du métier aussi, très forte les premières années… « Pour gérer tout ça, il faut un encadrement expérimenté, reprend le chef de groupe de l’ouest de la France. Et c’est souvent le problème en région parisienne. Quand j’étais en BAC à Paris, personne n’avait plus de cinq ou six ans d’expérience. » Comme dans l’éducation nationale, les policiers sont souvent contraints de quitter leur région d’origine et de commencer leur carrière dans le voisinage de la capitale.

Le rêve de la plupart d’entre eux : partir le plus vite possible. Un policier de la BAC raconte le début de son parcours. « 18 ans : école de police. 20 ans : région parisienne. Je ne sais plus au bout de combien d’interventions j’ai reçu mon premier coup de boule, mais c’était pas beaucoup. Après, c’est sûr que tu as un peu moins de compassion. » Lui a grandi à la campagne, dans un petit village, un profil assez classique dans la police. « On dit souvent que la violence crée la violence, c’est vrai quand des collègues déraillent, mais c’est aussi vrai quand tu découvres les Tarterêts (un quartier de Corbeil-Essonnes). Les gens pensent qu’on est formés à assimiler toutes les formes de violences, mais c’est pas vrai. Il y a des mecs en face, ils ont vraiment aucune limite. »

La rançon de la gloire

Laurent était en patrouille quand il a reçu l’appel radio. On lui demandait de rentrer d’urgence au commissariat. Un cocktail Molotov venait d’être lancé sur sa maison. « Là, franchement, je craque un peu, pas vraiment de peur, mais de rage. Avec de la détresse aussi. » Sa femme était à l’intérieur quand la bombe artisanale s’est écrasée contre l’embrasure d’une fenêtre. « Ça a juste cramé le plastique, sans traverser la vitre. Heureusement que je n’avais pas encore d’enfants. Je crois que sinon j’aurais été capable de tuer. » Laurent raconte les jours qui suivirent l’attaque. La perte de repères, la paranoïa. « Je contrôlais tout ce qui bougeait. » La balade du soir avec le chien se transforme en une véritable ronde avec, à la ceinture, l’arme de service, une gazeuse et une grenade de désencerclement (de celles qui projettent des plots en caoutchouc).

« Je me disais : ”Ils vont revenir à dix.” Tu sais, à la BAC, la rançon de la gloire, c’est ça. C’est la haine. Ça faisait à peu près dix jours que j’étais dans cette psychose. Et un soir, il devait être minuit, j’entends un truc qui bouge derrière des branches. Je m’approche et ça se met à courir dans tous les sens. J’en course un, je le chope. Je me vois encore le poing levé, prêt à lui exploser la gueule. Heureusement, j’ai vu ses yeux… Il y avait un truc qui clochait. Il était vraiment terrorisé. Je l’ai lâché. » Le jeune d’une quinzaine d’années cherchait juste à entrer avec ses copains dans une soirée organisée dans le voisinage. « Je crois que si je lui avais mis le premier coup, je l’aurais vraiment tué… » La hantise de la bavure. Laurent prend alors la décision de déménager dans une maison isolée à la montagne, loin de la ville où il travaille. Il ne le dit pas comme ça, mais être attaqué chez lui l’a profondément traumatisé.

« J’étais arrivé à un stade où plus rien ne me touchait. La misère, le désarroi des gens… Ça ne me faisait plus rien. Je ne sais pas pourquoi… Je ne suis pas très à l’aise avec les psys mais une fois j’en ai parlé avec mon officier. Ça commençait à m’inquiéter. Je m’interrogeais : “Est-ce que je ne suis pas en train de devenir un monstre ?” » On demande à Laurent pourquoi il raconte tout cela au passé. « C’était passager. Aujourd’hui, ça va mieux. Qu’est-ce qui m’a aidé ? Je ne sais pas trop… J’ai eu un enfant il y a un an. Ça m’a remis un peu de réalité. Ça m’a sans doute… comment dire… reconnecté. »

-------------------

Les violences en chiffres

Selon le ministère de l’intérieur, il y a eu 2 448 manifestants et 1 797 policiers blessés entre novembre 2018 et mi-mai 2019. Côté manifestants, le journaliste David Dufresne dénombre deux décès (Nantes, Marseille), 315 blessures à la tête, 24 éborgnés et cinq mains arrachées depuis le 17 novembre 2018.

-------------------

Pour aller plus loin

• Une émission  : notre journaliste sur franceinfo

Mikael Corre, l’auteur de ce dossier, était l’invité de Louis Laforge, vendredi 15 novembre à 11 h 50, sur franceinfo. Une émission à revoir sur franceinfo.fr

• Un site : « Allo Place Beauvau »

Face à l’avalanche de vidéos de blessés lors des manifestations de gilets jaunes, le journaliste indépendant David Dufresne a décidé de les recenser, et d’alerter systématiquement sur Twitter le ministère de l’intérieur. Bilan dix mois plus tard : 860 signalements, et le grand prix du journalisme 2019. > « Allo Place Beauvau »

• Un rapport : L’enquête sur l’ordre et la force 2016

Pour le compte de l’ONG œcuménique Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), l’avocate Aline Daillère enquête sur l’emploi par la police des armes « à létalité réduite ». C’est la première fois qu’une association réalise un travail aussi complet sur le sujet.

Le rapport « L’usage de la force par les représentants de la loi en France » est disponible sur Internet : www.acatfrance.fr

• Des films  :

- Le tabou de la bavure

Ce documentaire est absolument exceptionnel. Les témoignages inédits qu’il contient portent sur un tabou absolu dans la police : la bavure. D’anciens policiers évoquent le jour où ils ont tué un homme. Sans voyeurisme, le réalisateur et journaliste au quotidien Le Monde Mustapha Kessous revient ici sur certains cas emblématiques de la violence policière la plus extrême.

Moi, policier, j’ai tué un homme, 2018, 70 minutes, France 3.

- Les Misérables

Ce film de Ladj Ly relate une bavure policière dans la cité des Bosquets (Seine-Saint-Denis). Le réalisateur, qui y a grandi, dissèque les tensions quotidiennes entre la BAC et les jeunes du quartier. Tout y est : les méthodes limites des policiers, les ados incontrôlables, les « grands frères » feignant de calmer le jeu… pour maintenir leurs trafics.

Les Misérables, de Ladj Ly. 102 mn. En salles le 20 novembre.

 

(1) À leur demande, les prénoms des policiers interrogés ont été modifiés.

Vous avez apprécié notre enquête sur les violences policières. Vous vous demandez comment notre journaliste a travaillé ? Comment l’idée de ce sujet est née ? Comment les témoignages ont été recueillis ? Jeudi 21 novembre, à 11 h, retrouvez-nous pour un Facebook live sur la page du Journal La Croix : Mikael Corre, l’auteur de l'article, y racontera les coulisses de son dossier

 

  • Upvote 2

Share this post


Link to post
Share on other sites
Le 06/01/2020 à 15:13, Ibr1 a dit :

Les bavures sous macron c'est hors concours. 

J’ai lu quelque part 36 morts depuis que Castaner est arrivé à son poste, ça semble délirant comme chiffre donc à vérifier.

Et dans deux ans quand ce gouvernement va de faire dégager par la borgne, les memes que l’on entend pas maintenant dénonceront une police violente et fasciste.

 

 

 

Share this post


Link to post
Share on other sites

On constate surtout une hausse hallucinante de la violence envers la police, les pompiers, urgentistes etc

Un peu comme dans le foot, les matchs dégénèrent quand l'arbitre n'ose pas sortir le premier carton du match. Il faudrait que la police réprime plus sévèrement pour que les débiles légers dont le loisir est de casser du flic (et à peu près tout) retournent jouer à la console.

Share this post


Link to post
Share on other sites

Je te verrai bien sur le forum du figaro toi

Share this post


Link to post
Share on other sites

En meme temps ton post il sort totalement de nulle part :lol: 

Share this post


Link to post
Share on other sites
Il y a 6 heures, Mendy4Ever a dit :

On constate surtout une hausse hallucinante de la violence envers la police, les pompiers, urgentistes etc

Un peu comme dans le foot, les matchs dégénèrent quand l'arbitre n'ose pas sortir le premier carton du match. Il faudrait que la police réprime plus sévèrement pour que les débiles légers dont le loisir est de casser du flic (et à peu près tout) retournent jouer à la console.

Ya une corrélation évidente entre bavures policières et violence envers la police. Nuancer l'une pour dramatiser l'autre c'est clairement un parti pris.

Que l'Etat réprime plus sévèrement alors qu'il est l'un des principaux artisans de cette violence, pas top quand même. La question des retraites c'est autant une question de pouvoir d'achat que de justice social. Donc que l'Etat communique plus sur la répression des violences ok, et qu'il le fasse pour les 2 partis, autant les condamnations pour violence sur représentant de l'Etat que mise à pieds pour violence policière excessive.

Share this post


Link to post
Share on other sites
il y a 8 minutes, Zio a dit :

En meme temps ton post il sort totalement de nulle part :lol: 

Il teste l'apathie du forum...

Share this post


Link to post
Share on other sites

Etre un troll c'est savoir remonter les sujets qui fachent en 2 phrases bien placées, et Elinol maitrise parfaitement cet art.

Share this post


Link to post
Share on other sites

  • Recently Browsing   0 members

    No registered users viewing this page.

×
×
  • Create New...